Archives des Usurpation d’identité par mail - Faux.fr https://faux.fr/phishing/usurpation-identite-mail/ Actualités sur l'anti-contrefaçon et le phishing : faux emails, faux sites web Thu, 05 Nov 2026 08:00:47 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.8.2 https://faux.fr/wp-content/uploads/2020/04/cropped-logo-faux-32x32.png Archives des Usurpation d’identité par mail - Faux.fr https://faux.fr/phishing/usurpation-identite-mail/ 32 32 Un nom de domaine au cœur d’un phishing contre un cabinet d’avocats https://faux.fr/phishing/usurpation-identite-mail/udrp-nom-domaine-phishing-contre-cabinet-avocats/ Thu, 05 Nov 2026 08:00:47 +0000 https://faux.fr/?p=3042 Le phishing visant un cabinet d’avocats franchit un nouveau cap avec l’affaire KALLIOPÉ : un nom de domaine frauduleux permet à son titulaire d'usurper l'identité d'un associé fondateur et de proposer de fausses prestations juridiques aux clients du cabinet.

L’article Un nom de domaine au cœur d’un phishing contre un cabinet d’avocats est apparu en premier sur Faux.fr.

]]>
Le phishing visant un cabinet d’avocats franchit un nouveau cap avec l’affaire KALLIOPÉ : un nom de domaine frauduleux permet à son titulaire d’usurper l’identité d’un associé fondateur et de proposer de fausses prestations juridiques aux clients du cabinet. Dans sa décision UDRP D2026-2824 du 4 août 2026, l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI) ordonne le transfert de <kalliope-laws.com> au profit du cabinet français.

Derrière cette affaire se trouve une technique particulièrement préoccupante : la reproduction presque parfaite de l’identité numérique d’un professionnel du droit, associée à l’activation de services de messagerie électronique pour donner une apparence d’authenticité aux communications frauduleuses.

KALLIOPÉ : un cabinet d’avocats français victime d’usurpation d’identité

Fondé en 2007 et établi à Paris, le cabinet KALLIOPÉ est une structure indépendante qui accompagne les entreprises, les organismes publics et les particuliers dans leurs problématiques juridiques, en France comme à l’international.

Son activité couvre plusieurs domaines du droit. Le cabinet intervient notamment en droit des affaires, en droit de la propriété intellectuelle, en droit public et en droit de l’urbanisme. Il propose ainsi des prestations de conseil et de représentation juridique à une clientèle diversifiée.

Pour protéger son identité commerciale, le cabinet dispose notamment de la marque française verbale KALLIOPÉ, enregistrée le 9 août 2019 sous le numéro 4527768, pour des prestations relevant des classes 36 et 45.

Il détient également le nom de domaine <kalliope-law.com>, enregistré dès le 23 juillet 2007 et utilisé pour son site internet officiel.

Pourtant, le 10 juin 2026, un tiers enregistre le nom de domaine <kalliope-laws.com> auprès du registrar Network Solutions. La différence paraît minime : une simple lettre « s » ajoutée au terme « law ». Toutefois, cette modification suffit à créer une adresse particulièrement crédible auprès des destinataires.

Un faux nom de domaine pour piéger les clients du cabinet

L’affaire ne relève pas d’une simple tentative de cybersquatting. Le nom de domaine litigieux sert concrètement à organiser une fraude par e-mail.

L’adresse électronique « […]@kalliope-laws.com » associée au nom de domaine contesté a été utilisée pour envoyer des e-mails frauduleux. Leur auteur se fait passer pour l’un des associés fondateurs du cabinet KALLIOPÉ et prétend proposer une assistance juridique aux clients du cabinet.

La manœuvre repose sur une reproduction particulièrement soignée de l’identité du plaignant. Le message frauduleux reprend notamment la signature électronique de l’associé, son adresse postale ainsi que l’adresse du site internet officiel du cabinet. Il présente également une proposition au nom de KALLIOPÉ.

Cette accumulation d’éléments vise à rassurer le destinataire et à lui faire croire qu’il échange réellement avec son conseil juridique habituel.

Le site associé au domaine frauduleux affiche pourtant uniquement une page indiquant que sa mise en ligne est prochaine. Mais cette apparente inactivité ne signifie absolument pas que le nom de domaine reste sans danger.

Les enregistrements MX : un indice déterminant du phishing

L’un des aspects les plus intéressants de cette décision concerne les enregistrements MX (Mail Exchange).

Ces enregistrements permettent d’associer un nom de domaine à des serveurs de messagerie. Leur activation autorise donc la création d’adresses électroniques utilisant le domaine concerné.

Dans cette affaire, la formation administrative de l’OMPI souligne expressément que cette configuration engendre un risque important d’attaques d’hameçonnage (phishing).

Ce risque ne relève pas d’une simple hypothèse. Il s’est concrétisé puisqu’un courriel a effectivement été envoyé depuis le nom de domaine litigieux à l’un des clients du plaignant.

La décision souligne ainsi que le défendeur a déjà entrepris des démarches actives pour exploiter l’activation des enregistrements MX à des fins frauduleuses.

Plus encore, la reproduction méticuleuse de l’identité du cabinet ne peut être considérée comme accidentelle. Elle témoigne d’une intention délibérée de tromper le destinataire et de lui faire croire que le message provient réellement de KALLIOPÉ.

Cette analyse rappelle qu’un nom de domaine peut constituer un instrument de fraude même en l’absence de véritable site internet. La seule capacité à envoyer des e-mails sous une identité proche de celle d’un professionnel suffit à créer un risque sérieux pour ses clients.

Une décision UDRP favorable au cabinet KALLIOPÉ

Le cabinet dépose sa plainte auprès du Centre d’arbitrage et de médiation de l’OMPI le 29 juin 2026. Le défendeur, Bernard Germanier, domicilié en Suisse, ne présente aucune réponse à la procédure.

L’expert unique, Willem J. H. Leppink, examine successivement les trois conditions prévues par la procédure UDRP.

Premièrement, il constate la similarité prêtant à confusion entre la marque KALLIOPÉ et le nom de domaine <kalliope-laws.com>. La marque est reproduite dans son intégralité, à l’exception de son accent, et l’ajout du terme « laws » ne permet pas d’écarter cette similarité.

Deuxièmement, le défendeur ne démontre aucun droit ni intérêt légitime sur le nom de domaine. L’expert rappelle notamment que l’utilisation d’un nom de domaine pour des activités illicites, telles que le phishing, l’usurpation d’identité ou la fraude, ne peut jamais constituer un intérêt légitime.

Troisièmement, l’utilisation frauduleuse du domaine caractérise la mauvaise foi. L’exploitation de l’identité du cabinet et l’envoi de messages trompeurs à ses clients démontrent une volonté délibérée de créer une confusion avec le plaignant.

Le 4 août 2026, l’expert ordonne donc le transfert de <kalliope-laws.com> au profit du cabinet KALLIOPÉ.

Les cabinets d’avocats, des cibles privilégiées de l’usurpation par e-mail

Cette affaire illustre une menace qui touche régulièrement les professions juridiques. La relation de confiance entre un avocat et son client constitue un terrain particulièrement favorable aux tentatives de fraude. Un faux message évoquant un dossier en cours, une consultation ou une proposition d’assistance juridique peut facilement susciter une réaction du destinataire.

Plusieurs affaires similaires publiées sur Faux.fr témoignent de cette tendance, notamment les tentatives d’usurpation visant August Debouzy, Alerion Avocats, Linklaters et Taylor Wessing.

D’autres alertes concernent également des escroqueries par faux e-mails de cabinets d’avocats, des tentatives de fraude contre un cabinet juridique ou encore une usurpation d’identité visant un avocat.

La décision KALLIOPÉ rappelle enfin l’importance d’une surveillance active des noms de domaine et de leurs configurations techniques. La détection des enregistrements suspects, mais également le contrôle des enregistrements MX, peuvent permettre d’identifier des menaces avant même qu’un site frauduleux ne devienne visible.

Pour les cabinets d’avocats, la protection de leur identité numérique ne se limite donc pas à la réservation de leur nom de domaine officiel. Elle implique également une vigilance permanente face aux variantes frauduleuses susceptibles de servir à des campagnes de phishing.

L’article Un nom de domaine au cœur d’un phishing contre un cabinet d’avocats est apparu en premier sur Faux.fr.

]]>
Usurpation en béton dans cette UDRP ciblant Lafarge https://faux.fr/phishing/usurpation-identite-mail/udrp-nom-domaine-lafarge-gestion/ Mon, 02 Nov 2026 08:51:20 +0000 https://faux.fr/?p=3034 La décision UDRP Lafarge concernant le nom de domaine illustre les risques d’usurpation d’identité numérique auxquels les entreprises restent exposées. Un expert de l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI) a ordonné le transfert de ce domaine à deux sociétés du groupe Lafarge.

L’article Usurpation en béton dans cette UDRP ciblant Lafarge est apparu en premier sur Faux.fr.

]]>
La décision UDRP Lafarge concernant le nom de domaine <lafarge-gestion.com> illustre les risques d’usurpation d’identité numérique auxquels les entreprises restent exposées. Un expert de l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI) a ordonné le transfert de ce domaine à deux sociétés du groupe Lafarge. Au-delà de l’atteinte à une marque, cette affaire révèle un dispositif frauduleux qui exploite l’identité d’une entreprise industrielle pour proposer de prétendus services financiers.

UDRP Lafarge : deux sociétés du groupe face à une fraude

La procédure oppose FINANCIERE LAFARGE SAS et LAFARGE SA à un défendeur dont l’identité reste confidentielle dans la décision publiée par l’OMPI. Le nom de domaine litigieux <lafarge-gestion.com> a été enregistré le 8 janvier 2026 auprès du bureau d’enregistrement GoDaddy.

Les deux requérantes appartiennent au même groupe de sociétés. FINANCIERE LAFARGE SAS exerce notamment le rôle de holding financière du groupe LAFARGE. De son côté, LAFARGE intervient dans le secteur des matériaux de construction, notamment du ciment et du béton.

L’entreprise dispose d’une présence industrielle importante en France. Elle emploie 4 200 personnes réparties sur plus de 470 sites industriels. Elle compte également 200 chercheurs. Cette implantation et cette activité contribuent à la visibilité de son nom auprès des professionnels comme du grand public.

La protection de cette identité repose notamment sur des droits de marque antérieurs. Les requérantes invoquent la marque internationale LAFARGE, enregistrée sous le numéro 762717 le 6 avril 2001 et régulièrement renouvelée depuis. Elles invoquent également une marque internationale enregistrée sous le numéro 648681 le 18 décembre 1995, elle aussi renouvelée depuis.

Ces droits constituent un élément central du litige. En effet, le nom de domaine reprend intégralement la dénomination LAFARGE. Il lui ajoute simplement le terme « gestion », qui renforce ici la crédibilité apparente de l’offre frauduleuse.

Une fausse division financière pour tromper les internautes

Le nom de domaine <lafarge-gestion.com> ne se limite pas à reproduire une marque. Il sert à construire une identité professionnelle trompeuse.

Lors du dépôt de la plainte, le domaine renvoie vers un site web qui affiche la marque semi-figurative de Lafarge. Le site prétend proposer des services financiers au nom d’une société appelée « Financière Lafargue ».

Cette dénomination présente une différence subtile avec le nom FINANCIERE LAFARGE. Pourtant, le site reprend des informations officielles de l’entreprise visée. Le numéro d’immatriculation et l’adresse postale correspondent à ceux de la plaignante.

Le dispositif exploite donc plusieurs éléments complémentaires : une marque connue, une dénomination sociale proche et des données d’identification authentiques. L’objectif consiste à donner une apparence légitime à une activité financière qui prétend être rattachée au groupe.

Les informations transmises par le bureau d’enregistrement renforcent ce constat. Lors de l’enregistrement du domaine, le défendeur utilise le nom de la plaignante et celui de l’un de ses employés. Il indique également une adresse identique à celle de l’entreprise.

L’affaire présente ainsi un aspect particulièrement préoccupant : l’usurpation ne concerne pas uniquement une marque. Elle vise aussi l’identité d’une société et celle d’un membre de son personnel.

Par ailleurs, les preuves produites dans la procédure établissent un lien entre le site frauduleux et des courriels envoyés dans le cadre d’une autre opération d’usurpation. Ces messages utilisent un autre nom de domaine pour se faire passer pour Lafarge. Le lien vers le site litigieux figure dans ces communications.

Cette articulation entre plusieurs domaines et des courriels frauduleux rappelle qu’une campagne d’usurpation peut mobiliser différents supports pour inspirer confiance à ses destinataires.

La consolidation des requérants acceptée par l’OMPI

Cette décision UDRP D2026-2261 en faveur de Lafarge présente également un intérêt procédural. Deux sociétés déposent une plainte commune, alors que les marques invoquées appartiennent à une seule d’entre elles. Les requérantes ne fournissent pas d’explication spécifique sur cette consolidation dans leur plainte initiale.

L’expert Benjamin Fontaine examine donc la possibilité de traiter les deux sociétés comme des requérantes conjointes. Selon les principes rappelés dans la synthèse des avis des experts de l’OMPI, cette consolidation suppose notamment l’existence d’un grief commun et l’absence de préjudice procédural pour le défendeur.

En l’espèce, trois éléments emportent la conviction de l’expert.

Premièrement, les éléments non contestés établissent que les requérantes appartiennent au même groupe de sociétés. Deuxièmement, l’une d’elles est directement visée par le dispositif frauduleux. Enfin, le défendeur ne présente aucune réponse à la plainte.

L’expert considère ainsi que les sociétés peuvent avoir un grief commun à l’encontre du défendeur. Il estime également que l’acceptation de la plainte conjointe ne porte pas préjudice à ce dernier.

La consolidation est donc autorisée. Les deux sociétés peuvent poursuivre ensemble la procédure UDRP, ce qui permet de traiter leur litige dans un cadre unique.

Un enregistrement et une utilisation de mauvaise foi

Pour obtenir le transfert du domaine, les requérantes doivent satisfaire aux trois critères de la procédure UDRP : établir la similitude du domaine avec une marque protégée, démontrer l’absence de droits ou d’intérêts légitimes du défendeur, puis prouver l’enregistrement et l’utilisation de mauvaise foi.

L’expert retient les trois critères.

D’abord, l’ajout du terme « gestion » ne supprime pas le risque de confusion avec la marque LAFARGE. Le signe protégé reste intégralement reconnaissable dans le nom de domaine.

Ensuite, le défendeur ne justifie d’aucun droit ni intérêt légitime. L’utilisation du domaine dans le cadre d’une opération frauduleuse ne peut lui conférer de tels droits.

Enfin, plusieurs indices établissent la mauvaise foi : l’utilisation des coordonnées de la plaignante et de l’un de ses employés lors de l’enregistrement, la reproduction de la marque semi-figurative sur le site, la reprise des éléments d’identification de l’entreprise et le lien avec des courriels frauduleux.

Le silence du défendeur ne suffit pas, à lui seul, à démontrer la fraude. Toutefois, il ne permet pas de contester les éléments présentés par les requérantes. L’ensemble des preuves conduit donc l’expert à conclure à la mauvaise foi.

Le 9 juillet 2026, il ordonne le transfert de <lafarge-gestion.com> au bénéfice des requérantes.

Surveillance des noms de domaine : un enjeu de protection des marques

Cette affaire rappelle l’importance d’une surveillance régulière des noms de domaine reprenant une marque, notamment lorsqu’ils associent celle-ci à des termes liés à la gestion, à la finance ou aux services professionnels.

Pour les entreprises, la détection d’un domaine suspect constitue une première étape. Il convient ensuite de conserver les preuves, d’analyser les éventuels courriels associés et de vérifier les informations disponibles auprès du bureau d’enregistrement.

Une procédure UDRP peut permettre d’obtenir le transfert d’un nom de domaine lorsque les conditions requises sont réunies. Elle ne remplace toutefois pas les autres démarches susceptibles de s’imposer face à une escroquerie.

L’affaire Lafarge montre enfin qu’une identité numérique frauduleuse peut dépasser le simple cybersquatting. En combinant une marque, des coordonnées réelles et l’identité d’un employé, un fraudeur peut chercher à donner une apparence officielle à une activité trompeuse. La surveillance des noms de domaine constitue donc un levier essentiel pour détecter ces risques et protéger la confiance accordée aux entreprises.

L’article Usurpation en béton dans cette UDRP ciblant Lafarge est apparu en premier sur Faux.fr.

]]>
Cybersquatting contre Caradisiac : une page parking, des mails en roue libre https://faux.fr/phishing/usurpation-identite-mail/cybersquatting-caradisiac-page-parking-envoi-mails-illegitimes-udrp/ Tue, 27 Oct 2026 06:50:15 +0000 https://faux.fr/?p=3020 Une page parking peut cacher une opération d'usurpation d'identité par courrier électronique. C'est précisément ce que révèle une décision UDRP concernant le nom de domaine litigieux car-adisiac.com. Derrière de simples liens publicitaires, le défendeur a utilisé des adresses électroniques pour se faire passer pour un salarié de Caradisiac.

L’article Cybersquatting contre Caradisiac : une page parking, des mails en roue libre est apparu en premier sur Faux.fr.

]]>
Une page parking peut cacher une opération d’usurpation d’identité par courrier électronique. C’est précisément ce que révèle une décision UDRP concernant le nom de domaine litigieux car-adisiac.com. Derrière de simples liens publicitaires, le défendeur a utilisé des adresses électroniques pour se faire passer pour un salarié de Caradisiac.

Cette affaire, tranchée par l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI), rappelle un principe essentiel. L’absence de site web frauduleux ne signifie pas l’absence de fraude.

Caradisiac, une référence française de l’automobile

Le requérant, Groupe La Centrale, est une entreprise française spécialisée dans les annonces automobiles et les services associés.

Le groupe exploite notamment Caradisiac, un site d’information automobile accessible depuis le nom de domaine caradisiac.com.

Depuis 2000, cette plateforme propose des actualités automobiles, des essais de véhicules, des conseils pratiques et des petites annonces. Elle accompagne ainsi les consommateurs français dans leurs recherches et leurs projets d’achat.

Le Groupe La Centrale détient également plusieurs droits de propriété intellectuelle sur la dénomination CARADISIAC.

Il possède notamment la marque française CARADISIAC n° 3046447, enregistrée le 11 août 2000. Cette protection couvre plusieurs classes de produits et services, dont les services publicitaires, les télécommunications et les services informatiques.

Cette antériorité constitue un élément déterminant dans la procédure UDRP.

Une page parking qui cache une autre activité

Le nom de domaine litigieux car-adisiac.com a été enregistré auprès du bureau d’enregistrement Namecheap.

Il reprend presque intégralement la marque CARADISIAC. Seul un trait d’union sépare les éléments « car » et « adisiac ».

Cette modification mineure ne suffit pas à écarter le risque de confusion.

Lors de la procédure, le nom de domaine affiche une page parking contenant des liens publicitaires sponsorisés, également appelés liens PPC (Pay Per Click).

Ce type de page est fréquent sur Internet. Certains titulaires de noms de domaine utilisent ces espaces pour générer des revenus publicitaires.

Cependant, une page parking ne constitue pas nécessairement une utilisation frauduleuse. Son caractère litigieux dépend notamment des droits antérieurs et des circonstances de son exploitation.

Dans cette affaire, le problème dépasse largement la présence de publicités.

En effet, le nom de domaine sert également à envoyer des courriels qui usurpent l’identité de Caradisiac.

Des courriels frauduleux derrière la page parking

La plainte déposée par le Groupe La Centrale contient des preuves particulièrement révélatrices.

Le défendeur a envoyé une série de courriels depuis des comptes de messagerie utilisant des adresses au format :

[…]@car-adisiac.com

Dans ces messages, il usurpe l’identité du requérant. Plus précisément, il se fait passer pour un salarié nommément désigné du Groupe La Centrale.

Il contacte ensuite plusieurs sociétés tierces à des fins illégitimes.

L’expert de l’OMPI relève que ces communications cherchent notamment à obtenir des informations auxquelles le défendeur ne peut légitimement prétendre.

Ces agissements caractérisent une tentative d’usurpation d’identité numérique. Ils s’inscrivent également dans une logique de phishing, ou hameçonnage.

Le danger apparaît donc ailleurs que sur le site web.

Un partenaire commercial peut recevoir un message qui semble provenir d’un collaborateur de Caradisiac. Pourtant, l’adresse électronique appartient à un tiers sans autorisation.

La page parking constitue ainsi la partie visible d’un nom de domaine utilisé pour des activités potentiellement frauduleuses.

Cette situation souligne l’importance de surveiller les usages électroniques des noms de domaine, au-delà de leur contenu web.

Une page parking qui renforce la mauvaise foi

Le Groupe La Centrale a déposé sa plainte UDRP le 23 juillet 2025.

Le défendeur, identifié comme M.O., radiant chic beauty, domicilié en Belgique, n’a présenté aucune réponse.

L’expert unique, Nicholas Smith, a examiné les trois conditions cumulatives prévues par les principes directeurs UDRP.

Premièrement, le nom de domaine litigieux présente une similitude susceptible de prêter à confusion avec la marque CARADISIAC.

Deuxièmement, le défendeur ne justifie d’aucun droit ni intérêt légitime sur cette dénomination.

Enfin, l’enregistrement et l’utilisation du nom de domaine caractérisent la mauvaise foi.

Sur ce dernier point, l’expert accorde une importance particulière aux courriels d’usurpation d’identité.

Il considère que ces messages visent à obtenir indûment des informations et peuvent également porter atteinte à la réputation du requérant.

La présence de liens PPC sponsorisés sur la page parking renforce cette appréciation.

Selon l’expert, cet usage publicitaire confirme, dans les circonstances de l’affaire, l’absence d’explication de bonne foi concernant l’enregistrement et l’exploitation du nom de domaine.

Ainsi, la page parking ne constitue pas le principal élément frauduleux. Elle s’ajoute aux preuves d’usurpation d’identité électronique.

L’OMPI a ordonné le transfert de car-adisiac.com au Groupe La Centrale.

Le cabinet de Conseil en Propriété Industrielle MIIP – MADE IN IP a représenté son client dans cette procédure UDRP victorieuse.

Pourquoi surveiller les emails associés aux noms de domaine ?

Cette décision illustre les limites d’une surveillance qui repose uniquement sur les contenus web.

Un nom de domaine peut afficher une page parking sans présenter de faux site marchand ni de formulaire de phishing.

Pourtant, il peut également disposer d’une configuration de messagerie permettant l’envoi de courriels.

Les enregistrements DNS, notamment les entrées MX, constituent alors des indicateurs techniques utiles.

Cependant, la présence d’un serveur de messagerie ne prouve pas, à elle seule, l’existence d’une fraude.

C’est pourquoi une surveillance pertinente doit croiser plusieurs informations.

La solution SecURL, proposée par Solidnames, permet notamment de surveiller les contenus web, les configurations de messagerie, les informations WHOIS et les changements de statut des noms de domaine.

Cette approche aide les organisations à identifier des évolutions suspectes sur les noms de domaine surveillés.

Elle complète ainsi les dispositifs de protection des marques contre le cybersquatting, le phishing et l’usurpation d’identité numérique.

L’affaire Caradisiac rappelle finalement une réalité essentielle : un nom de domaine peut sembler inoffensif sur le web tout en présentant un risque majeur pour les échanges électroniques.

Ce n’est pas la première fois qu’un nom de domaine mêlant page parking et envoi de mails illégitimes est traité par l’OMPI comme dans cette affaire concernant le Champagne Louis Roederer.

Référence de la décision

OMPI, décision UDRP D2025-2936, GROUPE LA CENTRALE c. M.O., radiant chic beauty

Nom de domaine litigieux : car-adisiac.com.

Décision : transfert au requérant.

Décision intégrale : https://www.wipo.int/amc/en/domains/decisions/pdf/2025/d2025-2936.pdf

L’article Cybersquatting contre Caradisiac : une page parking, des mails en roue libre est apparu en premier sur Faux.fr.

]]>
Des fraudeurs usurpent l’identité de vrais employés de la banque privée Rothschild Martin Maurel https://faux.fr/phishing/anti-phishing-bancaire/des-fraudeurs-usurpent-lidentite-de-vrais-employes-de-la-banque-privee-rothschild-martin-maurel/ Wed, 07 Oct 2026 06:09:40 +0000 https://faux.fr/?p=2989 Rothschild Martin Maurel se retrouve au cœur d’une affaire UDRP révélatrice des nouvelles méthodes d’usurpation d’identité numérique dans le secteur financier. Trois noms de domaine ont été utilisés pour envoyer des courriels frauduleux et proposer de faux produits financiers.

L’article Des fraudeurs usurpent l’identité de vrais employés de la banque privée Rothschild Martin Maurel est apparu en premier sur Faux.fr.

]]>
Rothschild Martin Maurel se retrouve au cœur d’une affaire UDRP révélatrice des nouvelles méthodes d’usurpation d’identité numérique dans le secteur financier. Trois noms de domaine ont été utilisés pour envoyer des courriels frauduleux et proposer de faux produits financiers.

La décision a été rendue en 2026 par le Centre d’arbitrage et de médiation de l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI), dans l’affaire N. M. Rothschild & Sons Limited v. Name Redacted, D2026-1230. Le paneliste unique, Flip Jan Claude Petillion, a ordonné le transfert des trois noms de domaine au requérant.

Les noms de domaine concernés sont :

  • bp-rothschild.com
  • gestionprivee-martinmaurel.com 
  • martinmaurelpatrimoine.com

Rothschild Martin Maurel ciblé par une fraude financière

Le requérant, N. M. Rothschild & Sons Limited, appartient au groupe Rothschild & Co. Depuis plus de 200 ans, le groupe fournit des services financiers à l’international.

Ses activités couvrent notamment les fusions-acquisitions, le conseil en stratégie et en financement. Le groupe propose également des solutions de gestion de patrimoine et d’investissement aux grandes institutions, aux familles, aux particuliers et aux gouvernements.

En France, le groupe exploite Rothschild Martin Maurel (« RMM »), sa filiale spécialisée dans la banque privée et la gestion de patrimoine.

C’est précisément cet univers financier qui a été reproduit dans les noms de domaine litigieux. Les termes utilisés sont particulièrement évocateurs : « Rothschild », « Martin Maurel », « patrimoine », « gestion privée » ou encore « bp », que le panel considère notamment comme pouvant renvoyer à « banque privée ».

Pourtant, derrière cette apparence légitime se trouve une fraude.

Les noms de domaine litigieux ont été activement utilisés pour mener une escroquerie sophistiquée et coordonnée. Des courriels ont été envoyés depuis des adresses associées à chacun des trois noms de domaine.

Ces messages usurpaient l’identité du groupe Rothschild & Co et de RMM. Ils proposaient notamment des produits financiers. Plus inquiétant encore, les fraudeurs se présentaient comme des employés réels et identifiables du groupe.

Cette usurpation ajoute une apparence de crédibilité à la fraude. Elle montre aussi une volonté délibérée de tromper les destinataires.

Trois noms de domaine, une seule opération frauduleuse

L’un des points les plus intéressants de cette décision concerne la consolidation de la procédure.

Les informations communiquées aux registrars faisaient apparaître plusieurs titulaires en apparence distincts. Le requérant devait donc démontrer que les trois noms de domaine relevaient en réalité d’un contrôle commun.

Le panel retient cette démonstration.

Plusieurs éléments convergent. Tout d’abord, les trois noms de domaine ont été utilisés dans le cadre d’une fraude coordonnée et identique. Les courriels frauduleux présentent des sections importantes de script identiques ou quasiment identiques.

Ensuite, les courriels associés aux trois domaines semblent usurper l’identité de véritables employés du groupe Rothschild & Co.

L’utilisation de véritables noms d’employés apparaît également dans les informations d’enregistrement des domaines. Le panel relève toutefois une nuance pour martinmaurelpatrimoine.com : le nom utilisé comme titulaire ne semble pas correspondre directement à celui d’un véritable employé. Il reprend néanmoins un élément distinctif des marques du groupe.

Enfin, la chronologie renforce le lien entre les domaines. martinmaurelpatrimoine.com et gestionprivee-martinmaurel.com ont été enregistrés le 27 octobre 2025. bp-rothschild.com a suivi le 3 décembre 2025.

Les trois noms de domaine ont donc été enregistrés en l’espace de cinq semaines.

Pour le panel, cet ensemble d’indices suffit à établir un contrôle commun. La consolidation est donc jugée équitable et efficace sur le plan procédural.

Une utilisation frauduleuse incompatible avec tout intérêt légitime

Sur le fond, la décision est tout aussi claire.

Les trois noms de domaine reprennent directement la marque ROTHSCHILD, la marque MARTIN MAUREL, ou des éléments dominants et distinctifs de ces marques. L’ajout de termes comme « patrimoine », « gestion privée » ou « bp » ne supprime pas la similitude.

Le panel considère également que le défendeur ne dispose d’aucun droit ni intérêt légitime sur les noms de domaine.

Les noms de domaine ne servent pas un site actif légitime. Ils ont en revanche été utilisés avec des adresses électroniques pour usurper l’identité d’employés du groupe et proposer des produits financiers.

Les courriels reprennent aussi des éléments distinctifs des marques, les noms des sociétés, des informations générales sur le groupe et ses logos.

Or, en matière d’UDRP, une utilisation liée à une activité illégitime, comme le phishing, l’usurpation d’identité ou la fraude, ne peut pas créer un droit ou un intérêt légitime.

Une mauvaise foi caractérisée

Le troisième critère de l’UDRP est également rempli.

Pour le panel, il est inconcevable que le défendeur ignore le groupe Rothschild & Co et ses droits sur les marques lors de l’enregistrement des domaines. Leur contenu, leur structure et leur utilisation renforcent cette conclusion.

Les noms de domaine associent en outre des marques connues dans le secteur financier à des termes directement liés à la banque privée et à la gestion de patrimoine.

La combinaison est particulièrement révélatrice. Elle ne crée pas une simple proximité avec le secteur financier. Elle reproduit l’univers commercial du groupe tout en donnant aux courriels frauduleux une apparence institutionnelle.

Le panel conclut donc à l’enregistrement et à l’utilisation de mauvaise foi.

Trois noms de domaine transférés

La décision D2026-1230 rappelle ainsi qu’une fraude peut se construire sans même nécessiter un véritable site Internet. Une adresse électronique associée à un nom de domaine trompeur peut suffire à donner une apparence de légitimité à une escroquerie.

Pour les banques, sociétés de gestion et acteurs de la finance, la surveillance des noms de domaine constitue donc un véritable enjeu de cybersécurité et de protection de marque.

Cette décision rejoint d’autres affaires dans lesquelles des noms de domaine servent à reproduire l’identité numérique d’établissements financiers. Retrouvez notre sélection d’affaires UDRP dans la rubrique phishing bancaire.

L’article Des fraudeurs usurpent l’identité de vrais employés de la banque privée Rothschild Martin Maurel est apparu en premier sur Faux.fr.

]]>
Quand “-FR” devient un indice de mauvaise foi : l’affaire EPISENS devant l’OMPI https://faux.fr/phishing/usurpation-identite-mail/quand-fr-devient-un-indice-de-mauvaise-foi-udrp-episens-ompi/ Thu, 17 Sep 2026 11:05:17 +0000 https://faux.fr/?p=2969 La mauvaise foi en UDRP se caractérise parfois par un détail en apparence anodin. Dans l’affaire D2026-1717 Episens by InVivo v. Thomas Hale, Mexatech, le panel de l’OMPI s’est précisément intéressé à l’ajout « -fr » au nom de domaine episens-fr.com. Un simple suffixe géographique qui, dans ce contexte, rapproche fortement le domaine litigieux de l’identité numérique d’EPISENS.

L’article Quand “-FR” devient un indice de mauvaise foi : l’affaire EPISENS devant l’OMPI est apparu en premier sur Faux.fr.

]]>
La mauvaise foi en UDRP se caractérise parfois par un détail en apparence anodin. Dans l’affaire D2026-1717 Episens by InVivo v. Thomas Hale, Mexatech, le panel de l’OMPI s’est précisément intéressé à l’ajout « -fr » au nom de domaine episens-fr.com. Un simple suffixe géographique qui, dans ce contexte, rapproche fortement le domaine litigieux de l’identité numérique d’EPISENS.

EPISENS, acteur de la filière blé d’InVivo

La partie plaignante, Episens by InVivo, est une société française qui appartient au groupe InVivo. Elle exerce ses activités dans le secteur agroalimentaire, avec une expertise couvrant notamment la meunerie, les ingrédients et la boulangerie, viennoiserie et pâtisserie. Ses activités vont ainsi du grain au produit fini.

Dans cette procédure UDRP, EPISENS s’appuie sur plusieurs marques EPISENS enregistrées en France et dans l’Union européenne. Le dossier mentionne notamment la marque verbale EPISENS enregistrée en France le 9 juin 2023, ainsi que plusieurs marques figuratives et européennes enregistrées en 2023 et 2024.

La société dispose également du nom de domaine episens.fr, enregistré le 3 juillet 2021. Selon le dossier soumis au panel, ce nom de domaine redirige vers un site présentant les activités du groupe. Le site officiel présente notamment EPISENS comme le pôle du groupe InVivo spécialisé dans la filière blé.

C’est précisément cette antériorité qui donne tout son intérêt au nom de domaine litigieux.

Mauvaise foi UDRP : pourquoi le « -fr » compte

Le nom de domaine episens-fr.com reprend intégralement la marque EPISENS. Sur ce premier point, le panel n’a pas rencontré de difficulté particulière. L’ajout de « -fr » et de l’extension « .com » ne suffit pas à écarter la similarité entre la marque et le nom de domaine.

Cependant, le panel réserve une attention particulière au suffixe « -fr ».

Selon la décision, cet élément peut suggérer une version française ou locale de la présence en ligne d’EPISENS. Il crée ainsi un risque d’affiliation implicite. Surtout, « -fr » rapproche visuellement le domaine litigieux du nom de domaine officiel episens.fr.

Cette nuance joue un rôle important dans l’analyse de la mauvaise foi UDRP.

Le domaine litigieux a été enregistré le 19 février 2026. Cette date intervient plusieurs années après l’enregistrement de episens.fr et après l’obtention des droits de marque EPISENS. Pour le panel, le choix de « -fr » n’apparaît donc pas comme un élément fortuit.

Au contraire, l’ensemble donne l’impression d’un nom de domaine choisi pour ressembler à l’identité numérique du plaignant.

Un faux nom de domaine utilisé pour des demandes de paiement

L’affaire ne repose toutefois pas uniquement sur la composition du nom de domaine.

Le dossier ne montre pas que episens-fr.com a hébergé un site internet actif. En revanche, des adresses électroniques utilisant ce domaine ont servi dans des correspondances se présentant comme provenant de salariés d’EPISENS.

Ces emails concernaient notamment des factures prétendument impayées, des modifications de coordonnées bancaires et des confirmations de paiement. Le procédé vise donc directement des échanges commerciaux et financiers.

Un destinataire commercial a d’ailleurs identifié le problème. Il a attiré l’attention sur la présence de l’élément « -fr.com » et a signalé que les emails semblaient être des faux.

Ce détail renforce l’analyse du panel. Le nom de domaine ne constitue pas seulement une imitation de la marque EPISENS. Il s’inscrit dans une tentative d’usurpation de l’identité numérique de la société dans des communications liées aux paiements.

Le panel considère ainsi que les éléments disponibles démontrent une connaissance d’EPISENS lors de l’enregistrement et une volonté d’utiliser le domaine pour se faire passer pour ses représentants. L’utilisation du domaine dans le cadre de communications frauduleuses confirme ensuite la mauvaise foi.

Une décision qui donne du poids à un simple suffixe

L’intérêt de cette décision réside donc moins dans le phishing, phénomène désormais bien identifié dans les procédures UDRP, que dans la combinaison des indices.

EPISENS dispose d’une marque. La société exploite également episens.fr depuis 2021. Le domaine litigieux reprend la marque et ajoute « -fr ». Enfin, son utilisation intervient dans des emails qui imitent des salariés et portent sur des paiements.

Pris séparément, certains de ces éléments peuvent sembler classiques. Ensemble, ils permettent au panel de caractériser une intention précise.

La décision rappelle ainsi qu’un suffixe géographique peut prendre une importance particulière lorsqu’il rapproche un nom de domaine litigieux du domaine officiel d’une entreprise.

Dans cette affaire, le panel de l’OMPI conclut que le domaine episens-fr.com a été enregistré et utilisé de mauvaise foi. Il ordonne donc son transfert à EPISENS.

Le cabinet FIDAL a représenté EPISENS dans cette procédure UDRP, qui s’est conclue cet été par le transfert du nom de domaine au plaignant.

L’article Quand “-FR” devient un indice de mauvaise foi : l’affaire EPISENS devant l’OMPI est apparu en premier sur Faux.fr.

]]>
La Halle sort le cybersquatting des rayons https://faux.fr/contrefacon/la-halle-cybersquatting-udrp-noms-domaine/ Mon, 07 Sep 2026 04:35:17 +0000 https://faux.fr/?p=2953 La Halle remporte plus procédures UDRP contre des cas de cybersquatting de noms de domaine. La société PEGASE, qui exploite la célèbre enseigne de mode LA HALLE, vient d’obtenir le transfert de sept noms de domaine litigieux dans une décision rendue par l’OMPI. Cette décision s’ajoute à deux autres victoires obtenues en 2024 et en 2023.

L’article La Halle sort le cybersquatting des rayons est apparu en premier sur Faux.fr.

]]>
La Halle remporte plus procédures UDRP contre des cas de cybersquatting de noms de domaine. La société PEGASE, qui exploite la célèbre enseigne de mode LA HALLE, vient d’obtenir le transfert de sept noms de domaine litigieux dans une décision rendue par l’OMPI. Cette décision s’ajoute à deux autres victoires obtenues en 2024 et en 2023.

Ces trois procédures montrent les différentes formes que peut prendre le cybersquatting. Les noms de domaine peuvent servir à créer un faux site marchand. Ils peuvent aussi reproduire le site officiel d’une marque. Enfin, ils peuvent être utilisés pour envoyer des emails frauduleux et usurper l’identité d’une entreprise.

PEGASE, propriétaire d’une marque particulièrement connue

Dans ces trois procédures, la plaignante est PEGASE, société de droit français active dans le secteur de la mode. Elle appartient au Groupe Beaumanoir, dont les sociétés opèrent également dans la mode et détiennent plusieurs marques, dont LA HALLE.

Depuis sa création en 1981, LA HALLE connaît une forte croissance et acquiert une importante notoriété. La première boutique utilisant la marque ouvre en 1981. Elle est alors consacrée à la vente de chaussures.

Trois ans plus tard, la marque se développe dans le prêt-à-porter. Une boutique spécialisée dans les vêtements et accessoires de mode vient compléter cette activité.

Aujourd’hui, les produits LA HALLE sont commercialisés partout en France. L’enseigne compte plus de 800 boutiques. Elle s’appuie sur 6 400 collaborateurs et son site officiel, www.lahalle.com, reçoit plusieurs millions de visiteurs chaque année. La marque compte également plus de 500 000 abonnés sur Facebook.

Cette notoriété repose notamment sur d’importants investissements publicitaires. LA HALLE mène des campagnes à la télévision, notamment sur TF1, ainsi qu’à la radio.

L’enseigne collabore également avec des personnalités connues. La chanteuse Jenifer et plusieurs anciennes Miss France, dont Delphine Wespiser, Laury Thilleman et Cindy Fabre, ont notamment participé à la promotion de la marque.

Cette forte notoriété constitue un élément important dans les procédures de cybersquatting. Plus une marque est connue, plus il devient difficile pour un tiers de justifier l’enregistrement d’un nom de domaine reprenant cette marque sans autorisation.

Cybersquatting La Halle : sept noms de domaine transférés

Dans la décision OMPI D2026-2623, PEGASE a obtenu le transfert de sept noms de domaine : <lahallee-commerce.info>, <la-halle.info>, <lahalle.info>, <lahallemarketplace.info>, <lahalles.com>, <lahalles.info> et <lahalletalent.info>. La décision a été rendue le 17 août 2026 par l’expert unique Clark W. Lackert.

Les noms de domaine ont tous été enregistrés le 22 mai 2026. Ils reprennent la marque LA HALLE, parfois avec l’ajout d’un terme descriptif. C’est notamment le cas de « marketplace », « e-commerce » et « talent ».

Deux noms de domaine, <lahalles.com> et <lahalles.info>, ajoutent simplement la lettre « s » à la marque. La décision considère cette modification comme une forme de typosquatting. Elle ne permet donc pas au titulaire de revendiquer un intérêt légitime sur les noms de domaine.

Le dossier présente surtout un aspect particulièrement préoccupant. Une adresse e-mail frauduleuse […]@lahallemarketplace.info a été créée et utilisée pour commettre une escroquerie.

Cette adresse a servi à usurper l’identité de LA HALLE dans le cadre d’une fausse campagne de recrutement. Le message proposait notamment des opportunités d’emploi à distance. La victime devait ensuite poursuivre les échanges sur WhatsApp.

Les fraudeurs ont également utilisé de faux documents pour renforcer l’apparence de légitimité de leur démarche. Ces documents faisaient notamment référence à des informations historiques sur l’entreprise. Ils reproduisaient aussi les logos de plusieurs autorités publiques françaises et européennes.

L’objectif apparent consistait à tromper les victimes. Il pouvait s’agir de récupérer des informations personnelles ou d’obtenir des paiements.

L’OMPI retient donc la mauvaise foi. Elle relève notamment la notoriété de LA HALLE, la composition des noms de domaine et l’utilisation de l’un d’entre eux pour des emails frauduleux. Même les noms de domaine qui ne renvoient vers aucun site actif peuvent être considérés comme utilisés de mauvaise foi dans certaines circonstances.

Un faux site La Halle presque identique au site officiel

La décision OMPI D2024-0010 concerne le nom de domaine <lahallechaussures.com>. PEGASE a obtenu son transfert le 11 mars 2024. Le défendeur était Client Care, Web Commerce Communications Limited, une société régulièrement citée dans des procédures UDRP relatives à des noms de domaine utilisés pour des sites frauduleux.

Le nom de domaine litigieux reproduisait la partie distinctive de la marque LA HALLE AUX CHAUSSURES. Le terme « chaussures » renforçait même la proximité avec l’activité historique de l’enseigne.

Le nom de domaine renvoyait surtout vers un site web actif qui reproduisait presque le même contenu que la page web officielle du plaignant.

Le site reproduisait les marques de LA HALLE. Il reprenait également des visuels de produits, des photographies publicitaires et l’intégralité de la rubrique « À propos » du site officiel.

Pour l’expert, cette reproduction ne pouvait pas constituer un usage légitime. Le site cherchait au contraire à créer une confusion avec l’entreprise et ses activités.

La mauvaise foi était également caractérisée par l’exploitation commerciale du site. Celui-ci reproduisait le contenu du site officiel et proposait les produits de la marque. L’objectif était donc d’attirer des internautes recherchant LA HALLE et de les orienter vers un site contrôlé par le défendeur.

Le dossier présente un élément supplémentaire. Web Commerce Communications Limited avait déjà fait l’objet de plus de 100 procédures UDRP ayant abouti au transfert des noms de domaine concernés.

Deux faux sites de vente en .SHOP

La troisième affaire est la décision OMPI D2023-4643, rendue le 24 janvier 2024. Elle concerne <lahalleoutlet.shop> et <lahallesale.shop>. PEGASE a également obtenu le transfert de ces deux noms de domaine.

Les deux noms de domaine ont été enregistrés le même jour, le 1er novembre 2023. Ils reprenaient la marque LA HALLE avec les termes « outlet » et « sale ». Ces termes sont particulièrement évocateurs dans le secteur de la mode.

Les noms de domaine déposés en .SHOP redirigeaient vers des sites web prétendant vendre des articles de mode. Ces sites affichaient la marque et le logo du plaignant. Ils présentaient également l’apparence du site web officiel de LA HALLE.

Cybersquatting La Halle

Fausses boutiques La Halle

Les sites proposaient les produits de LA HALLE, mais aussi des produits associés à d’autres marques exploitées par l’enseigne. Les prix étaient présentés comme fortement réduits.

L’expert considère que les éléments disponibles permettent de conclure que les produits proposés étaient très probablement des contrefaçons. Même dans l’hypothèse de produits authentiques, l’absence de mention claire sur l’absence de relation avec LA HALLE aurait créé une fausse impression d’affiliation.

La décision retient donc la mauvaise foi. Les noms de domaine reprenaient la marque. Les sites copiaient l’identité visuelle du site officiel. Ils proposaient enfin des produits à des prix particulièrement bas.

Cette combinaison d’éléments constitue un schéma classique de faux site marchand.

MIIP – MADE IN IP défend PEGASE avec succès

Dans les trois procédures UDRP, PEGASE a été représentée par le cabinet de conseil en propriété industrielle MIIP – MADE IN IP. Le cabinet a ainsi obtenu trois décisions favorables contre des noms de domaine exploitant la marque LA HALLE.

MIIP – MADE IN IP défend régulièrement ses clients contre les atteintes à leurs droits sur Internet.

Le cabinet est notamment intervenu avec succès dans une affaire concernant CMA CGM, liée à une tentative de fraude visant les clients du groupe.

Il a également défendu Fragonard contre un faux site utilisant son identité pour proposer des parfums.

Enfin, MIIP – MADE IN IP est intervenu pour Leclerc dans une affaire de faux bons de commande.

Ces affaires illustrent l’intérêt d’une stratégie coordonnée entre surveillance des noms de domaine, détection des sites litigieux et actions juridiques.

Une réponse juridique au cybersquatting

Les trois décisions concernant LA HALLE montrent que le cybersquatting ne se limite pas à la réservation d’un nom de domaine proche d’une marque.

Un nom de domaine peut servir à créer un faux site marchand. Il peut reproduire presque intégralement un site officiel. Il peut aussi servir à envoyer des emails frauduleux.

Dans l’affaire D2026-2623, certains noms de domaine restent même inactifs. Pourtant, l’OMPI considère que leur détention peut constituer un acte de mauvaise foi au regard de l’ensemble des circonstances.

La surveillance des noms de domaine constitue donc un outil essentiel pour détecter rapidement ces enregistrements. Une réaction rapide permet ensuite d’adapter la stratégie. Selon les cas, une procédure UDRP peut permettre d’obtenir le transfert des noms de domaine litigieux.

Avec ces trois décisions, PEGASE obtient ainsi le transfert de onze noms de domaine portant atteinte à l’environnement numérique de LA HALLE.

Pour les titulaires de marques, le message est clair : surveiller les noms de domaine permet de détecter les atteintes. Agir rapidement permet ensuite de limiter les risques de phishing, d’usurpation d’identité et de contrefaçon en ligne.

L’article La Halle sort le cybersquatting des rayons est apparu en premier sur Faux.fr.

]]>
Champagne Mailly fait sauter le faux .CO https://faux.fr/phishing/usurpation-identite-mail/champagne-mailly-udrp-cyberquatting-nom-domaine-point-co/ Wed, 29 Jul 2026 06:38:34 +0000 https://faux.fr/?p=2932 La marque de Champagne Mailly remporte une victoire contre une tentative d'usurpation d'identité numérique après le transfert du nom de domaine litigieux dans le cadre de la décision UDRP DCO2026-0036.

L’article Champagne Mailly fait sauter le faux .CO est apparu en premier sur Faux.fr.

]]>
La marque de Champagne Mailly remporte une victoire contre une tentative d’usurpation d’identité numérique après le transfert du nom de domaine litigieux <champagne-mailly.co> dans le cadre de la décision UDRP DCO2026-0036. Cette affaire illustre une nouvelle fois le danger des noms de domaine très proches de ceux utilisés par une entreprise légitime pour mener des campagnes d’hameçonnage.

La procédure a été engagée par la Société de Producteurs de Mailly Champagne, représentée par le cabinet CASALONGA (déjà vainqueur dans des UDRP pour A.P.C. ou Formula Baby), devant le Centre d’arbitrage et de médiation de l’OMPI. Le collège administratif a ordonné le transfert du nom de domaine litigieux au profit du requérant après avoir retenu les trois critères de la procédure UDRP.

Champagne Mailly victime d’une usurpation d’identité par courrier électronique

La Société de Producteurs de Mailly Champagne constitue l’un des vignobles emblématiques de la Champagne. Fondée en 1929, elle commercialise ses cuvées sous la marque MAILLY et CHAMPAGNE MAILLY.

Sa présence numérique est ancienne et parfaitement établie. Elle exploite son site officiel www.champagne-mailly.com depuis plus de vingt-cinq ans. Celui-ci présente l’histoire de la maison ainsi que l’ensemble de ses cuvées. Elle possède également le nom de domaine champagne-mailly.fr depuis 2003 et exploite sa boutique en ligne sur www.boutique.champagnemailly.com.

La société bénéficie aussi d’une forte présence sur les réseaux sociaux, notamment grâce au compte Instagram @champagne_mailly et à la page LinkedIn Champagne Mailly Grand Cru.

Sur le plan des droits, elle dispose notamment de la marque française MAILLY n°1455010, enregistrée le 19 août 1988, ainsi que de la marque chinoise n°9798728, enregistrée le 28 septembre 2012.

Malgré ces droits anciens, un tiers enregistre le 24 novembre 2025 le nom de domaine <champagne-mailly.co>.

Le nom de domaine ne diffuse aucun site web actif. En revanche, les enregistrements MX sont actifs. Ce détail technique revêt une importance particulière. En effet, il permet l’utilisation du nom de domaine pour envoyer des courriers électroniques.

C’est précisément ce qui s’est produit.

Le défendeur utilise le nom de domaine pour adresser des courriels d’hameçonnage. Les messages reproduisent exactement la signature électronique ainsi que le logo officiel de Champagne Mailly. Leur objectif consiste à convaincre les clients et partenaires commerciaux d’ouvrir des pièces jointes malveillantes en leur faisant croire que les messages proviennent de la société.

Cette technique figure parmi les scénarios les plus fréquents d’usurpation d’identité par courrier électronique. Vous pouvez retrouver d’autres exemples similaires dans notre rubrique consacrée aux affaires d’usurpation d’identité par mail.

Un faux .CO qui ressemble dangereusement au .COM officiel

L’un des éléments les plus intéressants de cette décision concerne le choix de l’extension.

Le nom de domaine officiel de la société est <champagne-mailly.com>. Le fraudeur enregistre quant à lui <champagne-mailly.co>.

La différence ne porte que sur une seule lettre. Pour un destinataire pressé, cette variation passe facilement inaperçue. Elle renforce donc la confusion et crée une fausse impression d’affiliation avec Champagne Mailly.

L’extension .CO est régulièrement présentée comme une alternative au .COM. Pourtant, cette proximité typographique constitue également un risque bien connu dans les campagnes de phishing. Les internautes lisent souvent très rapidement la fin d’un nom de domaine, ce qui facilite les erreurs d’identification.

Cette extension reste par ailleurs largement utilisée avec plus de trois millions de noms de domaine enregistrés, ce qui explique son attractivité pour les entreprises mais aussi pour certains fraudeurs.

Une identité masquée et des informations manifestement trompeuses

Le défendeur tente également de masquer son identité.

Dans un premier temps, il recourt à un service de confidentialité permettant de dissimuler les informations du titulaire.

Après la levée de cette protection par le bureau d’enregistrement, les informations communiquées apparaissent incohérentes.

Le nom, les coordonnées et les informations relatives à l’entreprise semblent correspondre à une véritable personne identifiée dans des sources publiques. En revanche, l’adresse postale ne correspond ni à l’adresse officielle de cette entreprise ni au lieu de résidence du véritable dirigeant concerné aux États-Unis. L’adresse indiquée demeure en outre incomplète et ne permet pas d’identifier un emplacement précis.

Pour la Commission administrative, ces éléments constituent un indice supplémentaire de mauvaise foi. Ils laissent supposer que le défendeur fournit volontairement des informations fausses ou trompeuses afin de masquer sa véritable identité, voire d’usurper celle d’un tiers.

Une décision UDRP logiquement favorable à Champagne Mailly

La Commission administrative constate que le nom de domaine litigieux reproduit intégralement la marque MAILLY ainsi que l’expression Champagne Mailly.

Elle relève également l’absence de droits ou d’intérêts légitimes du défendeur.

Enfin, elle retient plusieurs indices convergents de mauvaise foi :

  • l’utilisation du domaine dans une campagne de phishing ;
  • l’usurpation de l’identité de Champagne Mailly ;
  • la reproduction du logo et de la signature de la société ;
  • l’activation des serveurs de messagerie sans site web ;
  • le choix d’un .CO quasi identique au .COM officiel ;
  • les informations d’enregistrement incohérentes et vraisemblablement trompeuses.

Ces éléments conduisent naturellement au transfert du nom de domaine <champagne-mailly.co> au profit de la Société de Producteurs de Mailly Champagne.

Les domaines viticoles restent des cibles privilégiées

Cette affaire confirme que les maisons de Champagne et les domaines viticoles demeurent des cibles privilégiées des cybercriminels.

Ce n’est pas un cas isolé. Nous avions déjà présenté une affaire comparable concernant Château Lafite Rothschild, dont l’identité avait été usurpée au moyen du nom de domaine <lafite-fr.com> afin de diffuser de faux RIB.

Les campagnes d’hameçonnage exploitent désormais très fréquemment des noms de domaine presque identiques aux domaines officiels. L’activation d’enregistrements MX constitue souvent le premier signal technique d’une tentative d’usurpation d’identité.

Cette décision DCO2026-0036 rappelle ainsi l’importance d’une surveillance proactive des noms de domaine proches de sa marque, y compris dans des extensions alternatives comme le .CO, afin de détecter rapidement les enregistrements frauduleux avant qu’ils ne servent à compromettre des partenaires, des fournisseurs ou des clients.

L’article Champagne Mailly fait sauter le faux .CO est apparu en premier sur Faux.fr.

]]>
Des escrocs ciblent la Financière Sébastien AGUETTANT https://faux.fr/phishing/usurpation-identite-mail/des-escrocs-ciblent-la-financiere-sebastien-aguettant/ Tue, 23 Jun 2026 06:15:13 +0000 https://faux.fr/?p=2915 La Financière Sébastien AGUETTANT se retrouve au cœur d’une décision UDRP rendue par l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI) concernant le nom de domaine litigieux fsebastienaguettant.com.

L’article Des escrocs ciblent la Financière Sébastien AGUETTANT est apparu en premier sur Faux.fr.

]]>
La Financière Sébastien AGUETTANT se retrouve au cœur d’une décision UDRP rendue par l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI) concernant le nom de domaine litigieux fsebastienaguettant.com.

Dans la décision D2026-0679, la Commission administrative a ordonné le transfert du nom de domaine litigieux aux Requérants après avoir constaté une utilisation frauduleuse visant à tromper les internautes et les investisseurs.

Financière Sébastien AGUETTANT victime d’une usurpation d’identité

La plainte a été déposée conjointement par trois Requérants :

  • FINANCIERE SEBASTIEN AGUETTANT, France, premier Requérant ;
  • Monsieur Sébastien AGUETTANT, France, deuxième Requérant ;
  • AGUETTANT SANTE, France, troisième Requérant.

Le premier Requérant exerce une activité de fonds de placement et réalise des opérations d’investissement ainsi que des prises de participation dans diverses sociétés. La dénomination sociale FINANCIERE SEBASTIEN AGUETTANT est utilisée depuis l’immatriculation de la société le 26 novembre 2015.

Le premier Requérant est également titulaire de plusieurs demandes de marques françaises déposées le 10 février 2026 :

  • SÉBASTIEN AGUETTANT n°5226561 en classes 35 et 36 ;
  • FSA AGUETTANT n°5226566 en classes 35 et 36.

Le deuxième Requérant est le gérant et associé du premier Requérant.

Le troisième Requérant, AGUETTANT SANTE, constitue la société mère du Groupe AGUETTANT. Ce groupe est spécialisé dans la fabrication de médicaments, de dispositifs médicaux et de cosmétiques. Monsieur Sébastien AGUETTANT en est l’actionnaire de référence et le Président du Conseil de Surveillance.

AGUETTANT SANTE est notamment titulaire de la marque française AGUETTANT, déposée le 11 février 1991 et enregistrée sous le numéro 1644685.

Une consolidation des Requérants admise par la Commission

La plainte présentait une particularité procédurale importante : elle a été déposée par trois Requérants distincts.

La Commission administrative a toutefois accepté la consolidation des demandes. Elle a relevé que le deuxième Requérant est le gérant et associé du premier Requérant. Elle a également constaté que le troisième Requérant est la société mère du Groupe AGUETTANT, dont le deuxième Requérant est l’actionnaire de référence et le Président du Conseil de Surveillance.

Au regard des éléments produits, la Commission a considéré que les trois Requérants disposaient d’un intérêt commun à agir.

Elle a notamment retenu que :

  • les Requérants partageaient un grief commun contre le Défendeur ;
  • le comportement du Défendeur affectait les trois Requérants de manière similaire ;
  • la consolidation constituait une solution équitable et efficace sur le plan procédural.

Cette analyse s’inscrit dans la pratique constante de l’OMPI lorsqu’un même comportement frauduleux porte atteinte à plusieurs entités étroitement liées.

Un site frauduleux utilisant le nom Financière Sébastien AGUETTANT

Le nom de domaine litigieux fsebastienaguettant.com a été enregistré le 3 juin 2025.

Il a ensuite été utilisé pour exploiter un site Internet proposant prétendument des services de placement financier et de gestion de patrimoine. Le site reprenait directement la dénomination FINANCIERE SEBASTIEN AGUETTANT afin de créer une apparence de légitimité.

Selon les éléments versés au dossier, le site web associé au nom de domaine litigieux usurpait :

  • l’identité du premier Requérant ;
  • l’identité du deuxième Requérant ;
  • l’image du deuxième Requérant.

Les Requérants ont démontré que cette usurpation poursuivait un objectif d’escroquerie financière.

Plus grave encore, les pratiques mises en œuvre par le Défendeur avaient déjà fait des victimes au moment du dépôt de la plainte.

Le dossier révèle également qu’un courrier électronique adressé le 10 février 2026 par le Défendeur contenait une photographie du deuxième Requérant. Sous cette photographie figuraient son nom ainsi que la mention « Dirigeant principal ».

Ce procédé renforçait artificiellement la crédibilité de l’escroquerie en donnant l’impression que Monsieur Sébastien AGUETTANT cautionnait les services proposés.

À la date de la décision, le nom de domaine litigieux ne renvoyait plus vers un site actif.

Une mauvaise foi manifeste du Défendeur

La Commission administrative n’a rencontré aucune difficulté pour établir la mauvaise foi.

Le Défendeur utilisait le nom de domaine litigieux afin de tirer profit de la réputation associée au nom AGUETTANT et à la dénomination FINANCIERE SEBASTIEN AGUETTANT.

L’objectif poursuivi consistait à attirer les internautes en créant un risque de confusion sur l’origine des services proposés. Cette confusion permettait ensuite de faciliter des opérations frauduleuses liées à des placements financiers.

L’usurpation de l’identité du dirigeant ainsi que l’utilisation de sa photographie ont constitué des éléments particulièrement accablants dans l’analyse de la mauvaise foi.

La Commission a également retenu que le Défendeur ne disposait d’aucun droit ni intérêt légitime sur le nom de domaine litigieux.

Transfert du nom de domaine litigieux

Au terme de son analyse, la Commission administrative a considéré que les trois conditions de l’UDRP étaient réunies :

  1. le nom de domaine litigieux était similaire aux droits invoqués par les Requérants ;
  2. le Défendeur ne disposait d’aucun droit ou intérêt légitime ;
  3. le nom de domaine avait été enregistré et utilisé de mauvaise foi.

En conséquence, le transfert du nom de domaine fsebastienaguettant.com a été ordonné.

Cette décision rappelle l’efficacité de la procédure UDRP face aux campagnes d’usurpation d’identité visant les acteurs du secteur financier. Elle démontre également que les fraudeurs n’hésitent plus à exploiter l’image personnelle des dirigeants pour renforcer la crédibilité de leurs escroqueries. Pour les entreprises et leurs conseils, la surveillance proactive des noms de domaine demeure donc un outil essentiel de lutte contre le phishing, les fraudes à l’investissement et les atteintes à la réputation.

L’article Des escrocs ciblent la Financière Sébastien AGUETTANT est apparu en premier sur Faux.fr.

]]>
Le piège d’un double « l » dans un cas de phishing contre Veolia https://faux.fr/phishing/usurpation-identite-mail/typosquatting-nom-domaine-phishing-udrp-veolia/ Wed, 17 Jun 2026 06:20:01 +0000 https://faux.fr/?p=2902 Une nouvelle décision UDRP de l'Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI) a concerné un cas de phishing contre Veolia opéré via un nom de domaine typosquatté. Ce cas illustre une nouvelle fois la manière dont des cybercriminels exploitent des variantes orthographiques de marques renommées afin d'organiser des campagnes d'usurpation d'identité.

L’article Le piège d’un double « l » dans un cas de phishing contre Veolia est apparu en premier sur Faux.fr.

]]>
Une nouvelle décision UDRP de l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI) a concerné un cas de phishing contre Veolia opéré via un nom de domaine typosquatté. Ce cas illustre une nouvelle fois la manière dont des cybercriminels exploitent des variantes orthographiques de marques renommées afin d’organiser des campagnes d’usurpation d’identité.

Dans la décision D2026-0834, le collège administratif a ordonné le transfert du nom de domaine <veollia.info> au profit de Veolia Environnement SA. Cette affaire révèle un schéma classique de typosquatting destiné à faciliter une opération de phishing visant les clients du groupe.

Veolia engagé contre l’usurpation d’identité numérique

Veolia Environnement SA est une multinationale française dont le siège social est situé en France. Le groupe exerce ses activités dans les domaines de la gestion de l’eau, du traitement des déchets et des services énergétiques. Présent dans de nombreux pays, Veolia figure parmi les principaux acteurs mondiaux des solutions environnementales et de la transformation écologique.

Afin de protéger son identité, le groupe est titulaire de nombreuses marques VEOLIA enregistrées dans plusieurs juridictions. Il exploite également le nom de domaine <veolia.com>, enregistré dès le 30 décembre 2002, qui constitue le portail officiel de ses activités à travers le monde.

Cette forte notoriété explique pourquoi la marque fait régulièrement l’objet de tentatives d’usurpation sur Internet.

Phishing Veolia : un faux domaine utilisé pour détourner des paiements

Dans cette affaire, le nom de domaine <veollia.info> n’a pas servi à héberger un faux site Internet. Il a été utilisé comme support d’une campagne de phishing particulièrement ciblée.

Le défendeur a créé une adresse électronique reprenant le nom d’un employé de Veolia. Il a ensuite envoyé des courriels à plusieurs clients du groupe afin de réclamer le règlement de prétendues factures impayées.

L’objectif était simple : convaincre les destinataires d’effectuer des paiements frauduleux en croyant communiquer avec un collaborateur légitime de Veolia.

Le panel relève que cette utilisation démontre une volonté manifeste d’usurper l’identité du groupe et de tromper des tiers afin d’obtenir un avantage financier illégitime. Le défendeur n’a d’ailleurs présenté aucune réponse dans la procédure UDRP.

Le typosquatting au cœur du phishing Veolia

Cette affaire constitue un exemple typique de typosquatting.

Le typosquatting consiste à enregistrer un nom de domaine très proche d’une marque connue en modifiant légèrement son orthographe. Les internautes ne remarquent souvent pas cette différence.

Ici, le nom de domaine litigieux reprend intégralement la marque VEOLIA en ajoutant simplement une lettre « l » supplémentaire : veollia.info.

Selon le panel, cette légère modification constitue une simple variante orthographique. La marque VEOLIA demeure immédiatement reconnaissable. Cette différence ne suffit donc pas à écarter le risque de confusion.

Ce procédé est fréquent dans les campagnes de phishing. Une faute de frappe presque invisible permet de créer une adresse électronique crédible aux yeux des victimes.

Une mauvaise foi évidente

Le collège administratif n’a rencontré aucune difficulté pour constater la mauvaise foi du défendeur.

Plusieurs éléments l’ont conduit à cette conclusion :

  • la notoriété internationale de la marque VEOLIA ;
  • la reprise quasi intégrale de cette marque dans le nom de domaine litigieux ;
  • l’absence de droits ou d’intérêts légitimes du défendeur ;
  • l’utilisation du domaine pour envoyer de faux courriels commerciaux ;
  • la tentative d’obtenir des paiements frauduleux auprès des clients du groupe.

L’utilisation d’un nom de domaine dans le cadre d’une opération de phishing constitue l’un des indices les plus forts de mauvaise foi au sens des Principes directeurs UDRP. Le panel a donc ordonné le transfert du nom de domaine au bénéfice de Veolia.

Un scénario déjà observé contre Veolia

Cette affaire rappelle un précédent dossier déjà analysé sur Faux.fr concernant le nom de domaine <veoliia.com>.

Dans cette précédente opération, les fraudeurs avaient ajouté un deuxième « i » afin d’imiter la marque VEOLIA. Dans le dossier <veollia.info>, la technique évolue légèrement avec l’ajout d’un deuxième « l », mais l’objectif reste exactement le même : créer une adresse électronique suffisamment crédible pour tromper les destinataires.

Cette répétition démontre que les auteurs de campagnes de phishing adaptent constamment leurs variantes orthographiques afin de contourner les dispositifs de détection automatique.

Vous pouvez retrouver l’analyse complète de cette précédente affaire ici.

Une vigilance indispensable face au phishing Veolia

Cette décision rappelle que les attaques ne reposent pas uniquement sur de faux sites Internet. Un simple nom de domaine enregistré dans le seul but d’envoyer des courriels frauduleux peut suffire à causer des pertes financières importantes.

Pour les titulaires de marques, la surveillance des variantes orthographiques demeure donc un élément essentiel de leur stratégie de protection. Les procédures UDRP permettent d’obtenir rapidement le transfert de noms de domaine manifestement enregistrés dans un but frauduleux. Encore faut-il détecter ces enregistrements avant que les campagnes de phishing ne produisent leurs effets.

L’article Le piège d’un double « l » dans un cas de phishing contre Veolia est apparu en premier sur Faux.fr.

]]>
Coup de froid contre un phishing ciblant Fraîcheur de Paris https://faux.fr/phishing/usurpation-identite-mail/phishing-udrp-fraicheur-de-paris/ Wed, 10 Jun 2026 08:26:37 +0000 https://faux.fr/?p=2890 Un cas de phishing contre Fraîcheur de Paris a été opéré par des cybercriminels exploitant un nom de domaine presque identique à celui de l'entreprise légitime afin de mener une usurpation d'identité par courrier électronique.

L’article Coup de froid contre un phishing ciblant Fraîcheur de Paris est apparu en premier sur Faux.fr.

]]>
Un cas de phishing contre Fraîcheur de Paris a été opéré par des cybercriminels exploitant un nom de domaine presque identique à celui de l’entreprise légitime afin de mener une usurpation d’identité par courrier électronique. Dans cette affaire, tranchée par l’OMPI dans la décision UDRP D2026-1272, le nom de domaine fraicheurdeparis.com sert exclusivement à soutenir une tentative de fraude bancaire par email. La Commission administrative ordonne finalement son transfert au profit du titulaire légitime des droits.

Une usurpation d’identité organisée contre Fraîcheur de Paris

Les Requérants sont deux sociétés sœurs dont les sièges sociaux se situent à la même adresse.

La société CLIMESPACE exploite le réseau de froid urbain de la Ville de Paris entre 1991 et 2022. En avril 2022, la concession est confiée pour vingt ans à la société FRAICHEUR DE PARIS, nouvelle entité chargée du développement et de l’exploitation de ce réseau stratégique.

Afin de protéger cette nouvelle identité, CLIMESPACE dépose plusieurs marques FRAÎCHEUR DE PARIS, notamment la marque figurative française n°4639949, enregistrée le 17 avril 2020 pour les classes 37, 39, 40 et 42.

Par ailleurs, CLIMESPACE enregistre le nom de domaine fraicheurdeparis.fr dès le 2 septembre 2020. FRAICHEUR DE PARIS l’utilise ensuite comme nom de domaine officiel pour le site Internet mais également comme extension des adresses électroniques de ses collaborateurs.

Cette présence antérieure rend particulièrement trompeur l’enregistrement du nom de domaine fraicheurdeparis.com.

Un nom de domaine enregistré pour tromper

Le nom de domaine litigieux est enregistré le 22 janvier 2026.

À première vue, il ne diffuse aucun contenu puisque le domaine redirige vers un site Internet inactif.

Cependant, cette inactivité cache une utilisation beaucoup plus dangereuse.

Des serveurs de messagerie sont configurés sous ce nom de domaine. L’adresse électronique […]@fraicheurdeparis.com est ensuite utilisée dans le cadre d’une tentative de phishing.

L’objectif est clair.

Le fraudeur se fait passer pour un collaborateur de FRAICHEUR DE PARIS afin d’obtenir la modification des coordonnées bancaires auprès d’un client de l’entreprise.

Il s’agit d’un scénario classique de fraude au changement de RIB. Cela est d’ailleurs très fréquent dans les attaques par usurpation d’identité professionnelle.

Une mauvaise foi évidente selon la Commission administrative

La Commission administrative relève plusieurs éléments particulièrement accablants.

Tout d’abord, le Défendeur n’a jamais cherché à exploiter le nom de domaine dans le cadre d’une activité légitime.

Au contraire, l’ensemble des circonstances démontre que son unique objectif consiste à tirer indûment profit de la réputation attachée aux marques FRAÎCHEUR DE PARIS.

La Commission constate également que le Défendeur usurpe la dénomination sociale ainsi que les coordonnées du Requérant FRAICHEUR DE PARIS. Il l’a fait lors de l’enregistrement du nom de domaine.

Cette dissimulation révèle une volonté manifeste de masquer sa véritable identité. De plus, elle renforce la crédibilité de son escroquerie.

La décision souligne aussi que les services de messagerie configurés sous le nom de domaine litigieux servent directement à une tentative de phishing.

Le fraudeur se présente comme un salarié de FRAICHEUR DE PARIS. Il essaie alors de convaincre un client de modifier des coordonnées bancaires au profit des escrocs.

Pour la Commission administrative, une telle utilisation caractérise sans ambiguïté un enregistrement et un usage de mauvaise foi au sens des Principes directeurs UDRP.

Le transfert du nom de domaine est donc ordonné.

Une nouvelle victoire UDRP pour Plasseraud IP

Dans cette procédure, le cabinet Plasseraud IP représente avec succès la société FRAICHEUR DE PARIS.

Cette décision confirme l’expertise du cabinet dans les dossiers mêlant noms de domaine, phishing et usurpation d’identité numérique.

Il ne s’agit d’ailleurs pas d’un cas isolé. Le cabinet obtient régulièrement des décisions favorables dans des affaires similaires. Il y a notamment une UDRP concernant Biomérieux où des fraudeurs utilisaient un nom de domaine afin d’usurper l’identité de salariés par courrier électronique.

Plasseraud IP intervient aussi avec succès dans une affaire concernant Coopérative U. Dans ce litige, des escrocs ciblaient des fournisseurs grâce à une fraude au président reposant sur des emails frauduleux.

Autre exemple récent, le cabinet obtient également le transfert d’un nom de domaine utilisé contre Keolis dans une campagne de phishing particulièrement élaborée.

Une décision qui rappelle l’importance de surveiller les noms de domaine

Cette affaire de phishing contre Fraîcheur de Paris confirme qu’un nom de domaine peut devenir une arme de cybercriminalité même lorsqu’il n’héberge aucun site Internet. La simple configuration de serveurs de messagerie suffit à lancer des campagnes de fraude crédibles auprès des partenaires commerciaux. Des services de monitoring comme ceux de SecURL ® permettent de détecter un usage mail associé à un nom de domaine potentiellement litigieux.

Pour les entreprises, la surveillance proactive des noms de domaine proches de leur marque constitue donc un élément essentiel de leur stratégie de cybersécurité.

L’article Coup de froid contre un phishing ciblant Fraîcheur de Paris est apparu en premier sur Faux.fr.

]]>