Un faux site Showroomprive exploité sous le nom de domaine showdressprive.com a conduit à une décision UDRP favorable à la société Showroomprivé.com.
Derrière une apparence rassurante, ce site reproduit plusieurs éléments de la célèbre plateforme française de ventes privées. Par conséquent, l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI) a ordonné le transfert du nom de domaine litigieux dans la décision D2025-2281.
Cette affaire illustre une pratique fréquente. En effet, certains cybersquatteurs enregistrent des noms de domaine proches de marques connues afin d’attirer les internautes. Ils cherchent ensuite à profiter de leur réputation. Dans ce dossier, le Panel a retenu l’existence d’un risque de confusion.
Faux site Showroomprive : une imitation de la plateforme officielle
La plaignante est la société Showroomprivé.com. Cette entreprise française exploite une plateforme de commerce électronique spécialisée dans les ventes flash de produits de mode, de beauté, de décoration et de voyage.
Son site officiel est accessible à l’adresse showroomprive.com. Aujourd’hui, la société revendique plus de 3 000 partenariats avec des marques. De plus, elle a réalisé un chiffre d’affaires de 677 millions d’euros en 2023.
La marque bénéficie également d’une forte notoriété. Selon les éléments produits dans la procédure, son taux de notoriété a atteint 85 % en France en 2021.
Pour protéger ses activités, la société détient notamment la marque de l’Union européenne SHOWROOMPRIVE.COM n° 005761374. Cette marque a été déposée le 5 mars 2007 puis enregistrée le 23 janvier 2008 dans les classes 25, 35 et 38.
Le nom de domaine litigieux showdressprive.com a été enregistré le 22 mars 2025. Ensuite, il a été utilisé pour rediriger les internautes vers une boutique en ligne active.
Le site propose prétendument des produits de marques célèbres à prix réduits. En outre, il affiche un logo similaire à celui du plaignant. Son apparence générale rappelle également celle du site officiel de Showroomprivé.com.
Pourquoi le Panel a ordonné le transfert du nom de domaine showdressprive.com
Le premier critère UDRP concernait la similitude entre le nom de domaine et la marque.
Sur ce point, le Panel n’a rencontré aucune difficulté. Il conclut que la marque SHOWROOMPRIVE.COM reste reconnaissable dans le nom de domaine contesté.
Le terme « show » apparaît à l’identique. De même, le terme « prive » est conservé. Certes, le mot « dress » remplace le mot « room ». Cependant, cette modification ne suffit pas à écarter le risque de confusion.
Le Panel précise donc que le nom de domaine showdressprive.com est susceptible de créer une confusion avec la marque du plaignant. Par ailleurs, l’ajout d’un terme différent peut être examiné dans l’analyse des deuxième et troisième critères UDRP. Néanmoins, il n’empêche pas de conclure à une similitude suffisante.
Le comportement du défendeur a également pesé dans la décision.
D’une part, le nom de domaine litigieux renvoie vers un site proposant prétendument des produits de marques célèbres à prix réduits. D’autre part, ce site reprend un logo similaire à celui du plaignant ainsi qu’une présentation proche de son site officiel.
Par conséquent, les internautes peuvent croire qu’ils se trouvent sur une plateforme liée à Showroomprivé.com. Le risque de confusion apparaît donc particulièrement élevé.
En outre, plusieurs internautes ayant passé commande sur le site du défendeur se sont plaints en ligne. Selon ces témoignages, ils n’ont jamais reçu les produits commandés.
Autre élément important, le titulaire a utilisé une adresse qui semble être fausse lors de l’enregistrement du nom de domaine. Dès lors, le Centre n’a pas pu lui remettre la mise en demeure écrite.
Ces circonstances ont renforcé l’analyse de la mauvaise foi. Elles ont également confirmé l’absence d’intérêt légitime du défendeur.
Une nouvelle victoire contre le cybersquatting
Au terme de son analyse, le Panel considère que les trois conditions de la procédure UDRP sont réunies.
Premièrement, le nom de domaine est similaire à la marque du plaignant. Deuxièmement, le défendeur ne dispose d’aucun droit ni intérêt légitime. Troisièmement, il a enregistré et utilisé le nom de domaine de mauvaise foi.
Le Panel ordonne donc le transfert de showdressprive.com au profit de Showroomprivé.com.
Cette décision s’inscrit dans la lutte contre les faux sites marchands et le cybersquatting. Elle rappelle également l’importance d’une surveillance active des noms de domaine proches des marques.
Les affaires de ce type sont fréquentes dans le secteur du commerce en ligne. Elles concernent souvent des produits de luxe, des accessoires ou encore de la maroquinerie. Pour découvrir d’autres dossiers similaires, consultez notre rubrique consacrée aux affaires de contrefaçon de sacs et de cybersquatting.
Dans cette procédure, la société Showroomprivé.com a été représentée par le cabinet de conseil en propriété industrielle Strato IP. Ce dernier obtient ainsi une victoire dans la protection des marques contre les atteintes commises sur Internet.