job scam email

37 noms de domaine impliqués dans une campagne de « job scan email » contre Ferrari

Publié le vendredi 11 septembre 2026 par Jean-François POUSSARD

Un job scam email peut rapidement devenir un outil d’usurpation d’identité numérique lorsqu’il s’appuie sur des noms de domaine imitant une grande marque. La décision UDRP rendue le 13 août 2026 dans l’affaire Ferrari S.p.A. v. Lara Thone et autres, D2026-1814, en fournit une nouvelle illustration.

La procédure concerne 37 noms de domaine reprenant la marque FERRARI et des termes liés au recrutement. Plusieurs d’entre eux ont servi à reproduire la page officielle de recrutement de Ferrari. L’un d’eux, <ferrari-job-opportunities.com>, a également été utilisé dans le cadre d’un job scam email visant des candidats potentiels.

La Commission administrative de l’OMPI a finalement ordonné le transfert des 37 noms de domaine à Ferrari S.p.A.

Ferrari, une marque mondiale particulièrement exposée

Ferrari S.p.A. est le constructeur italien de véhicules sportifs fondé à Maranello en 1947 par Enzo Ferrari.

Depuis 1950, Ferrari occupe une place majeure dans le championnat de Formule 1. La société commercialise aujourd’hui ses véhicules dans plus de 100 pays. Elle s’appuie pour cela sur plusieurs centaines de concessionnaires officiels.

La marque FERRARI dépasse toutefois largement le secteur automobile. Elle est également associée à des vêtements, des montres, des ordinateurs, des jouets, des vélos ou encore des chaussures. Ces produits sont commercialisés dans les boutiques Ferrari et dans différents points de vente à travers le monde.

Cette notoriété est également mesurable. Selon les éléments non contestés produits dans la procédure, le classement Interbrand Best Global Brands 2025 valorise FERRARI à 15,4 milliards de dollars. La marque occupe ainsi le 54e rang mondial. Elle figure dans ce classement depuis 2008, avec une interruption entre 2014 et 2016.

Ferrari dispose par ailleurs de nombreux enregistrements de marque nationaux et internationaux intégrant le terme FERRARI.

Enfin, le constructeur exploite son site officiel sous le nom de domaine <ferrari.com>. Celui-ci comporte une rubrique consacrée aux offres d’emploi. Elle permet aux internautes de consulter les postes disponibles et de déposer leur candidature.

Un job scam email utilisant un faux recrutement Ferrari

Le cas le plus significatif concerne le nom de domaine <ferrari-job-opportunities.com>.

Ce nom de domaine a été mentionné dans un job scam email signalé à Ferrari par un tiers.

Le message frauduleux prétendait provenir du directeur des ressources humaines de Ferrari. Il proposait aux destinataires un poste de Social Media Manager chez Ferrari S.p.A.

Le message invitait ensuite les candidats à déposer leur candidature via le site associé au nom de domaine litigieux.

Le procédé est particulièrement trompeur. Le nom de domaine reprend intégralement la marque FERRARI. Il ajoute uniquement les termes anglais « job » et « opportunities ». Pour un candidat, l’adresse peut donc sembler correspondre à un portail officiel de recrutement.

La décision relève également que plusieurs autres noms de domaine reproduisaient quasiment à l’identique une page interne du véritable site Ferrari consacrée aux opportunités professionnelles.

Ces sites pouvaient notamment solliciter des informations personnelles. Certains demandaient également des identifiants de connexion Facebook.

Le risque ne se limite donc pas à une simple atteinte à la marque. Une telle campagne peut permettre de récupérer des données personnelles ou des identifiants. Elle peut aussi préparer des tentatives de fraude plus importantes.

Pourquoi les 37 noms de domaine ont-ils été regroupés ?

La particularité de cette affaire tient aussi au nombre de noms de domaine concernés.

Les 37 noms de domaine étaient enregistrés au nom de plusieurs titulaires apparents. Ferrari a donc dû démontrer qu’ils étaient soumis à un contrôle commun afin d’obtenir leur consolidation dans une seule procédure UDRP.

L’OMPI a retenu plusieurs éléments concordants.

Tout d’abord, les noms de domaine suivent un modèle particulièrement homogène. Ils reproduisent la marque FERRARI dans son intégralité. 35 des 37 noms de domaine utilisent l’extension .COM. Les deux autres utilisent .TEAM.

Les noms associent ensuite FERRARI à des termes anglais liés au recrutement. On retrouve notamment « career », « careers », « job », « jobs », « opportunity », « recruitment », « apply », « talent », « hiring », « HR », « portal » ou encore « applicant ».

La décision relève également une concentration des enregistrements auprès de plusieurs registrars. Certains noms partagent les mêmes titulaires apparents. D’autres présentent les mêmes coordonnées administratives.

Les sites associés renforcent encore ce faisceau d’indices. 19 noms de domaine ont servi à afficher des sites presque identiques reproduisant la page de recrutement officielle de Ferrari. D’autres renvoyaient vers des pages inactives ou vers des pages d’erreur similaires.

Enfin, la majorité des noms de domaine a été enregistrée sur une période relativement courte. La plupart ont été créés entre juillet et décembre 2025. Onze autres ont été enregistrés en 2026, jusqu’au 24 avril.

Pour la Commission administrative, ces éléments rendaient plus probable que les 37 noms de domaine soient soumis à un contrôle commun. La consolidation a donc été considérée comme équitable. Les défendeurs avaient en outre la possibilité de s’opposer à cette consolidation, mais aucun n’a répondu.

Une mauvaise foi caractérisée

Le troisième critère de l’UDRP concerne l’enregistrement et l’utilisation de mauvaise foi.

Là encore, les éléments sont nombreux.

Plusieurs noms de domaine ont été utilisés pour reproduire le contenu du site officiel de Ferrari. D’autres pouvaient servir à collecter des données personnelles ou des identifiants.

La présence de MX records actifs sur plusieurs noms de domaine constitue également un élément important. Une configuration MX permet potentiellement d’utiliser le domaine pour envoyer ou recevoir des courriels.

Elle peut donc faciliter une usurpation par email.

La Commission prend aussi en compte la notoriété internationale de FERRARI. Compte tenu de cette réputation, elle considère qu’il est inconcevable que les défendeurs aient ignoré les droits de Ferrari au moment des enregistrements.

Le job scam email associé à <ferrari-job-opportunities.com> constitue surtout un élément direct de mauvaise foi. Le domaine a servi à donner une apparence officielle à une fausse offre d’emploi.

Même les noms de domaine devenus inactifs ne sont pas épargnés. La Commission considère que leur simple absence d’activité au moment de la procédure ne suffit pas à écarter la mauvaise foi.

Il s’agit ici d’une application classique de la notion de passive holding. L’inaction actuelle du titulaire n’efface pas les circonstances entourant l’enregistrement et les utilisations antérieures.

37 noms de domaine transférés à Ferrari

La Commission administrative de l’OMPI, présidée par Tobias Malte Müller, a rendu sa décision le 13 août 2026.

Elle a retenu les trois critères de l’UDRP :

  • similitude entre les noms de domaine et la marque FERRARI ;
  • absence de droits ou d’intérêts légitimes ;
  • enregistrement et utilisation de mauvaise foi.

La décision ordonne donc le transfert des 37 noms de domaine à Ferrari S.p.A.

Cette affaire illustre une nouvelle fois l’intérêt d’une surveillance active des noms de domaine.

Une marque connue peut être copiée dans des dizaines de combinaisons différentes. Les fraudeurs ajoutent ensuite des termes génériques comme « job », « career », « hiring » ou « recruitment ».

La menace ne concerne donc plus uniquement le cybersquatting classique.

Elle peut également toucher les candidats, les salariés et les partenaires d’une entreprise. Dans ce contexte, la surveillance des noms de domaine doit aussi intégrer les risques liés au phishing, aux faux sites et au job scam email.

Pour découvrir d’autres décisions et campagnes liées aux fausses offres d’emploi, consultez notre rubrique dédiée aux fausses offres d’emploi.


À propos de Faux.fr par Solidnames

FAUX.FR est un vrai site d’informations de SOLIDNAMES, société spécialisée dans les noms de domaine internet.

FAUX.FR est un site web d’actualité traitant de faux sites web vendant de la contrefaçon et de faux mails utilisés pour du phishing.

 

SOLIDNAMES, Surveillance, Rachat et Achat Noms Domaine Internet

 

SOLIDNAMES propose des services de surveillance de marque, de rachat et de gestion de noms de domaine.

SOLIDNAMES est un bureau d’enregistrement accrédité par l’AFNIC pour l’achat de nom de domaine.

La société SOLIDNAMES a été créée par Anthony DON et Jean-François POUSSARD. L’entreprise évolue dans le coworking SOLIDPLACES à Bordeaux.

SOLIDNAMES et ses noms de prestations Brand Alert et SecURL sont des marques enregistrées, protégées et surveillées 😊.


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