Les parfums Cacharel se retrouvent au cœur d’un litige UDRP emblématique des dérives liées à la contrefaçon en ligne et à l’usurpation de marque sur Internet.
Dans la décision D2025-4007, rendue par l’OMPI, le nom de domaine litigieux <thecacharel.com> fait l’objet d’un transfert au profit de la maison Cacharel, après une analyse rigoureuse des critères de la procédure UDRP.
Cette affaire illustre les risques juridiques persistants pour les titulaires de marques dans l’univers numérique, notamment lorsque des noms de domaine servent à commercialiser prétendument des produits authentiques.
La marque CACHAREL occupe une place majeure dans l’univers de la mode et de la parfumerie depuis plusieurs décennies. Fondée en France, elle s’est imposée comme une référence internationale dans le prêt-à-porter, les accessoires et surtout les parfums.
Les créations olfactives de Cacharel, diffusées à grande échelle, bénéficient d’une forte notoriété auprès du grand public. La marque exploite ses droits via de nombreux noms de domaine officiels et protège activement son image sur Internet. Cette stratégie s’inscrit dans une politique globale de défense de la propriété intellectuelle, essentielle face à la multiplication des usages frauduleux en ligne.
Parfums Cacharel et nom de domaine litigieux : une confusion manifeste
Le nom de domaine <thecacharel.com> reproduit intégralement la marque CACHAREL, élément distinctif central et protégé. L’ajout du terme « the » ne modifie en rien l’impression d’ensemble. Au contraire, il renforce l’idée d’un site officiel ou institutionnel lié à la marque.
L’expert UDRP constate une similarité confuse évidente entre le nom de domaine et la marque antérieure. Le premier critère de la procédure UDRP se trouve ainsi pleinement satisfait.
Un site web dédié à la vente prétendue de produits Cacharel
Le litige ne se limite pas à une simple réservation spéculative.
Le nom de domaine litigieux renvoie vers un site web actif qui reproduit les marques de commerce de la plaignante. Il présente les signes distinctifs de Cacharel et propose prétendument à la vente ses produits.
Le site met en avant des parfums Cacharel, mais également des articles de prêt-à-porter, créant une confusion directe dans l’esprit des internautes.
Aucune mention légale ne permet d’identifier un distributeur autorisé. Aucun lien contractuel avec la marque ne figure sur le site. L’internaute croit accéder à une boutique officielle ou agréée, ce qui caractérise un risque élevé de contrefaçon et de tromperie.
Absence de droits ou d’intérêts légitimes du défendeur
Le défendeur ne justifie d’aucun droit sur le nom « Cacharel ». Il ne détient aucune licence, aucun partenariat, ni aucune autorisation de la part du titulaire de la marque.
L’usage du nom de domaine vise exclusivement à tirer profit de la notoriété des parfums Cacharel. L’expert retient que cette exploitation commerciale, fondée sur la reproduction de la marque et de ses visuels, exclut toute bonne foi. Le second critère UDRP se trouve donc rempli.
Une mauvaise foi caractérisée selon l’UDRP
L’enregistrement et l’utilisation du nom de domaine interviennent en mauvaise foi. Le défendeur connaît nécessairement la marque Cacharel, compte tenu de sa renommée mondiale et de l’activité du site litigieux.
Le nom de domaine sert à attirer les internautes à des fins commerciales, en créant une confusion volontaire avec la marque.
Une victoire juridique obtenue avec le cabinet LEGI-MARK
Dans cette procédure, la société Cacharel a été représentée par le cabinet de conseil en propriété industrielle LEGI-MARK.
Cette stratégie contentieuse a permis d’obtenir le transfert du nom de domaine <thecacharel.com>, mettant fin à une exploitation préjudiciable pour la marque.
Cette décision confirme l’efficacité de la procédure UDRP lorsqu’elle s’inscrit dans une démarche structurée et documentée.
Ce qu’il faut retenir pour les titulaires de marques
Cette affaire rappelle plusieurs enseignements essentiels :
Pour les marques, la défense proactive de leurs actifs numériques demeure un enjeu stratégique majeur.