vêtements Rick Owens

Les vêtements Rick Owens taillent en pièces le cybersquatting

Publié le vendredi 24 juillet 2026 par Jean-François POUSSARD

Les vêtements Rick Owens se retrouvent au cœur d’une décision UDRP après le transfert de vingt noms de domaine utilisés pour promouvoir des boutiques en ligne suspectées de vendre des produits contrefaisants sous la célèbre marque de mode américaine.

L’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI) a ordonné le transfert des noms de domaine <rickowenhoodie.com>, <rickowensclothes.com>, <rickowensclothing.com>, <rickowensdesigner.com>, <rickowensfashion.com>, <rickowensgimphoodie.com>, <rick-owens-hoodie.com>, <rickowenshoodie.com>, <rickowenshoodies.com>, <rickowensmountainhoodie.com>, <rickowenspants.com>, <rickowenspants.org>, <rickowenssale.net>, <rickowensshirt.com>, <rickowens-shorts.com>, <rickowensshorts.com>, <rickowens-store.com>, <rickowensstore.com>, <rickowens-store.net> et <rickowens-t-shirt.com> dans le dossier WIPO D2026-1167.

Vêtements Rick Owens : une marque de mode reconnue ciblée par vingt noms de domaine

Rick Owens est un styliste américain né le 18 novembre 1961 à Porterville, en Californie. Il fonde sa maison de mode à Los Angeles en 1994. En 2001, il transfère sa production en Italie et développe une distribution internationale. Son univers minimaliste et avant-gardiste fait de lui l’une des figures majeures de la mode contemporaine. Ses créations sont portées par de nombreuses personnalités publiques.

La plaignante est la société qui gère les droits de propriété intellectuelle du créateur. Elle détient de nombreux enregistrements de la marque RICK OWENS dans plusieurs pays. Elle exploite également le nom de domaine <rickowens.eu>, utilisé pour commercialiser les produits authentiques de la marque.

Face à cette forte notoriété, la marque devient une cible régulière pour les cybersquatteurs cherchant à exploiter sa réputation.

Des boutiques en ligne imitant la marque Rick Owens

Les vingt noms de domaine ont été enregistrés le 19 novembre 2025.

Au moment du dépôt de la plainte, ainsi qu’à la date de la décision, ils redirigent tous vers des sites de vente en ligne mettant très largement en avant la marque RICK OWENS. Les internautes y trouvent notamment des pantalons, shorts, sweats à capuche, t-shirts et autres vêtements présentés comme des produits de la marque.

Les sites tentent également de rassurer les acheteurs. Ils affirment être gérés par des « stylistes » et des « rédacteurs de mode ». Ils prétendent vendre des articles « authentifiés » grâce à des « mesures détaillées ».

L’un des messages affichés indique notamment :

« Chaque article est authentifié par une double vérification : audit documentaire et inspection physique. Nous enregistrons la preuve d’origine, puis confirmons tous les détails de fabrication qui définissent la mode Rick Owens. »

Pour le Panel, cette présentation renforce le risque de confusion. Les internautes peuvent légitimement croire qu’ils visitent un site officiel ou autorisé par le titulaire de la marque.

L’ajout de termes descriptifs ne change rien

Le défendeur a tenté de multiplier les variantes autour de la marque en ajoutant des termes descriptifs comme :

  • hoodie ;
  • clothes ;
  • clothing ;
  • designer ;
  • fashion ;
  • gimp hoodie ;
  • hoodies ;
  • mountainhoodie ;
  • pants ;
  • sale ;
  • shirt ;
  • shorts ;
  • store ;
  • t-shirt.

Le Panel rappelle qu’une telle pratique n’écarte absolument pas le risque de confusion. Au contraire, ces mots décrivent précisément les produits commercialisés sous la marque RICK OWENS. Ils renforcent donc encore davantage l’impression que les sites sont officiels.

Une procédure maintenue malgré la situation particulière du défendeur en Ukraine

Cette affaire présente également un aspect procédural intéressant.

Les informations communiquées par le bureau d’enregistrement situent le défendeur en Ukraine, un pays toujours touché par un conflit international au moment de la décision.

Conformément au paragraphe 10 des Règles UDRP, le Panel doit garantir un traitement équitable des parties tout en assurant une procédure diligente.

Le Panel examine donc s’il convient de poursuivre la procédure malgré ce contexte exceptionnel.

Après analyse, il décide de continuer pour plusieurs raisons.

D’abord, le Centre de l’OMPI a effectué toutes les notifications prévues par le Règlement, aussi bien par courrier électronique que par voie postale.

Ensuite, les vingt noms de domaine ont été enregistrés le 19 novembre 2025, c’est-à-dire en pleine période de conflit. Le Panel considère que cette circonstance démontre que le défendeur disposait toujours d’un accès à Internet et était capable d’enregistrer puis d’administrer les noms de domaine litigieux.

Par ailleurs, aucun élément du dossier ne montre que le courrier électronique de notification n’a pas été correctement remis à l’adresse communiquée par le registraire.

Enfin, les éléments du dossier démontrent clairement que les noms de domaine ont été enregistrés et utilisés afin de cibler délibérément la marque RICK OWENS.

Le Panel conclut donc que rien ne justifie la suspension ou l’interruption de la procédure.

Une mauvaise foi manifeste

Le Panel retient sans difficulté le troisième critère de l’UDRP.

Les noms de domaine reproduisent intégralement la marque RICK OWENS. Ils renvoient tous vers des boutiques en ligne utilisant cette marque afin d’attirer les internautes recherchant des vêtements Rick Owens.

Le défendeur ne dispose d’aucun droit légitime sur ces noms de domaine.

Surtout, les sites cherchent manifestement à tirer profit de la réputation de la marque afin de générer du trafic et des ventes. L’utilisation répétée du signe RICK OWENS, la présentation des produits comme authentiques et les nombreux messages destinés à inspirer confiance démontrent une volonté évidente de créer une confusion auprès des consommateurs.

Le Panel conclut donc que les noms de domaine ont été enregistrés et utilisés de mauvaise foi, ce qui conduit à leur transfert au profit de la plaignante.

Une nouvelle illustration des faux sites de vêtements de marque

Cette décision illustre une nouvelle fois la stratégie classique des réseaux de cybersquatting spécialisés dans la vente présumée de vêtements contrefaits. Les fraudeurs enregistrent simultanément de nombreux noms de domaine associant une marque renommée à des termes décrivant les produits commercialisés afin de capter le trafic issu des moteurs de recherche.

Pour les titulaires de marques, une surveillance proactive des noms de domaine reste indispensable afin de détecter rapidement ce type d’enregistrement et d’engager, lorsque cela est nécessaire, une procédure UDRP avant que ces faux sites ne portent davantage atteinte à leur image.


À propos de Faux.fr par Solidnames

FAUX.FR est un vrai site d’informations de SOLIDNAMES, société spécialisée dans les noms de domaine internet.

FAUX.FR est un site web d’actualité traitant de faux sites web vendant de la contrefaçon et de faux mails utilisés pour du phishing.

 

SOLIDNAMES, Surveillance, Rachat et Achat Noms Domaine Internet

 

SOLIDNAMES propose des services de surveillance de marque, de rachat et de gestion de noms de domaine.

SOLIDNAMES est un bureau d’enregistrement accrédité par l’AFNIC pour l’achat de nom de domaine.

La société SOLIDNAMES a été créée par Anthony DON et Jean-François POUSSARD. L’entreprise évolue dans le coworking SOLIDPLACES à Bordeaux.

SOLIDNAMES et ses noms de prestations Brand Alert et SecURL sont des marques enregistrées, protégées et surveillées 😊.


Un autre article ?

Louvre Hotels

Un séjour écourté pour le cybersquatteur de Louvre Hotels

Louvre Hotels a remporté une procédure UDRP concernant le nom de domaine , utilisé pour une tentative d’usurpation d’identité et de fraude par e-mail.


Étiquettes :

marque FILSON

La marque FILSON défendue avec succès face au nom de domaine trompeur filson-shop.com

La marque Filson a remporté une procédure UDRP contre le nom de domaine . Cette décision, rendue par le Forum (NAF) sous la référence FA2305002044519, concerne un site qui imitait illégalement l’identité visuelle de la marque.


Étiquettes : ,

canapé Teddy

Une contrefaçon assise sur un canapé Teddy

La marque de canapé Teddy se retrouve au cœur d’une décision UDRP qui illustre, une fois encore, l’ampleur des atteintes en ligne visant les marques de mobilier design.


Étiquettes :

Share via
Copy link
Powered by Social Snap