Arnaque sur des sites de vêtements Playboy
De faux sites de vêtements Playboy ont proposé des habits contrefaits tout en collectant les données financières et personnelles de leurs victimes.
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Publié le lundi 21 septembre 2026 par Jean-François POUSSARD
Un faux site MAXI-COSI associé au nom de domaine maxi-cosi-shop.com illustre les risques d’usurpation d’identité numérique qui ciblent les marques de puériculture. Dans sa décision UDRP D2026-2103, l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI) ordonne le transfert du domaine à Maxi Miliaan B.V., titulaire de la marque MAXI-COSI.
Au-delà du nom de domaine, cette affaire met en évidence une méthode particulièrement trompeuse : reproduire l’apparence d’un site officiel pour inspirer confiance aux internautes. La décision rappelle ainsi le rôle de la procédure UDRP face aux détournements de marques en ligne.
Maxi Miliaan B.V. est une société néerlandaise de biens de consommation spécialisée dans la commercialisation de produits pour bébés. Elle détient notamment la marque de l’Union européenne MAXI-COSI n° 2401560, enregistrée pour des sièges de sécurité pour bébés depuis le 24 mars 2003.
Dans cette affaire, le nom de domaine maxi-cosi-shop.com a été enregistré le 27 avril 2026. Il reprend intégralement la marque MAXI-COSI, à laquelle s’ajoutent un trait d’union et le terme anglais « shop », qui signifie « boutique ».
Toutefois, le risque ne repose pas uniquement sur cette combinaison de mots. Le nom de domaine a servi à héberger un site en anglais qui reprend le logo MAXI-COSI en en-tête et copie des éléments du site officiel de la marque.
Le site propose également des produits de la marque en dollars américains. Surtout, il ne précise pas l’absence de lien avec Maxi Miliaan B.V. Cette présentation entretient donc une confusion sur l’identité de l’exploitant.
La société requérante a estimé que le site usurpait son identité et pouvait servir à des opérations d’hameçonnage (phishing). La décision retient les faits d’usurpation et de présentation trompeuse. Elle ne constate toutefois pas qu’une campagne de phishing a effectivement abouti.
Pour obtenir le transfert du nom de domaine, Maxi Miliaan B.V. a saisi le Centre d’arbitrage et de médiation de l’OMPI le 15 mai 2026. Elle a été représentée dans cette action par le cabinet d’avocats Bignon Lebray.
Le titulaire du domaine, identifié sous le nom « dantangchun » et situé en Chine, n’a pas répondu à la plainte. Cette absence de réponse n’a toutefois pas dispensé la commission administrative d’examiner les trois conditions prévues par la procédure UDRP.
D’abord, la commission constate que maxi-cosi-shop.com présente une similarité prêtant à confusion avec la marque MAXI-COSI. L’ajout du terme « shop » et du trait d’union ne suffit pas à écarter cette similarité.
Ensuite, le défendeur ne dispose d’aucun droit ni intérêt légitime sur le domaine. Il n’est pas autorisé par Maxi Miliaan B.V. et le site ne révèle aucune absence d’affiliation avec la marque. La commission rappelle qu’un usage destiné à usurper l’identité d’un tiers ne peut constituer une offre de bonne foi.
Enfin, la commission relève la mauvaise foi du défendeur. La reprise du logo et d’éléments du site officiel démontre sa connaissance de la marque et de son activité. Cette imitation vise à attirer les internautes à des fins commerciales en créant un risque de confusion. L’experte unique Dawn Osborne ordonne donc le transfert de maxi-cosi-shop.com à Maxi Miliaan B.V.
L’affaire MAXI-COSI s’inscrit dans un contexte plus large de détournement de marques de puériculture. Les faux sites marchands peuvent exploiter la confiance des parents dans des enseignes connues, en reprenant leurs signes distinctifs et leur univers graphique.
D’autres acteurs du secteur ont déjà eu recours à l’UDRP pour faire cesser des abus en ligne.
Les affaires concernant les marques Bébé Confort et Formula Baby illustrent également les enjeux de protection des consommateurs et des titulaires de droits :
Pour les titulaires de marques, la surveillance des noms de domaine constitue un levier de détection précoce. Elle permet d’identifier des enregistrements litigieux et d’évaluer les mesures adaptées, notamment une procédure UDRP lorsque ses conditions sont réunies.
De faux sites de vêtements Playboy ont proposé des habits contrefaits tout en collectant les données financières et personnelles de leurs victimes.
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