La marque de planche à voile Mistral souffle une fausse boutique
Mistral, l’entreprise européenne de planche à voile, remporte une procédure extrajudiciaire « UDRP » contre un faux « store ».
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Publié le jeudi 04 juin 2026 par Jean-François POUSSARD
De faux mail usurpant l’identité de la société touristique Odalys sont au cœur d’une décision UDRP qui illustre les dangers de l’usurpation d’identité numérique. En effet, la société ODALYS a obtenu le transfert du nom de domaine <odalys-gestion.com> après avoir démontré son utilisation frauduleuse. Cette affaire montre, une nouvelle fois, comment un nom de domaine peut servir à tromper les internautes et à porter atteinte aux droits d’une marque.
ODALYS est une société française spécialisée dans les hébergements touristiques. Chaque année, elle accueille plus de deux millions de touristes. De plus, elle exploite près de 400 résidences en Europe occidentale.
Afin de protéger son identité, la société détient plusieurs marques. Elle est notamment propriétaire de la marque de l’Union européenne n° 018198377 ODALYS INVEST, enregistrée le 1er juillet 2020. Elle possède également la marque française n° 4593323 ODALYS, enregistrée le 14 février 2020.
Grâce à ces droits, ODALYS a pu agir contre un nom de domaine portant atteinte à ses intérêts.
Le nom de domaine <odalys-gestion.com> a été enregistré le 22 août 2024.
À première vue, ce nom de domaine semble légitime. En effet, il reprend intégralement la marque ODALYS. En outre, l’ajout du terme « gestion » renforce l’impression d’un lien officiel avec le groupe.
Cependant, les faits révèlent une situation bien différente.
D’une part, le site Internet associé au nom de domaine redirige vers une page de parking. Cette page affiche plusieurs liens commerciaux. Certains renvoient vers des entreprises concurrentes proposant des services comparables à ceux du plaignant.
D’autre part, le nom de domaine sert à envoyer des faux mails se présentant comme Odalys. Selon les éléments produits dans la procédure, le titulaire utilise des adresses électroniques associées au nom de domaine pour usurper l’identité d’un employé d’ODALYS.
Par conséquent, le risque de confusion est particulièrement élevé.
Le défendeur ne démontre aucun droit sur le nom de domaine litigieux. Il ne prouve pas davantage une activité légitime.
Tout d’abord, le nom de domaine reproduit la marque ODALYS. Ensuite, il redirige les internautes vers une page affichant des liens vers des concurrents. Enfin, il sert à diffuser des faux mails Odalys.
Dans ces conditions, le Panel conclut que cette utilisation ne constitue pas une offre de bonne foi. De même, elle ne correspond pas à un usage légitime ou équitable.
La mauvaise foi constitue le troisième critère de la procédure UDRP.
Tout d’abord, le titulaire choisit un nom de domaine qui reprend une marque connue dans son intégralité. Ensuite, il exploite ce nom de domaine pour attirer des internautes vers une page contenant des liens commerciaux.
Surtout, il utilise ce même nom de domaine pour envoyer des faux mails Odalys.
Or, cette pratique représente un indice fort de fraude. En effet, elle vise à faire croire que les messages proviennent d’une société légitime. Le destinataire peut alors accorder sa confiance à tort.
Le Panel retient donc plusieurs indices convergents. Par conséquent, il considère que le nom de domaine a été enregistré et utilisé de mauvaise foi.
Selon la décision, l’utilisation du nom de domaine pour une page de stationnement ainsi que pour un système de courriels frauduleux justifie pleinement cette conclusion.
Pour défendre ses droits, ODALYS a confié ce dossier au cabinet d’avocats AVOXA.
Cette stratégie s’est révélée efficace. En effet, le Panel a ordonné le transfert du nom de domaine litigieux au profit du groupe.
Cette décision rappelle plusieurs enseignements importants.
D’abord, les entreprises doivent surveiller les noms de domaine proches de leurs marques. Ensuite, elles doivent réagir rapidement lorsqu’un tiers diffuse un message frauduleux.
Enfin, cette affaire démontre que la procédure UDRP reste un outil particulièrement efficace contre le cybersquatting, le phishing et l’usurpation d’identité numérique.
Le dossier D2025-0767 illustre parfaitement cette réalité. Lorsqu’un nom de domaine reproduit une marque, redirige vers des concurrents et sert à envoyer des faux courriels, la mauvaise foi ne fait guère de doute. Dans ce contexte, le transfert du nom de domaine apparaît comme une conséquence logique et juridiquement fondée.
Mistral, l’entreprise européenne de planche à voile, remporte une procédure extrajudiciaire « UDRP » contre un faux « store ».
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