Champagne Mailly

Champagne Mailly fait sauter le faux .CO

Publié le mercredi 29 juillet 2026 par Jean-François POUSSARD

La marque de Champagne Mailly remporte une victoire contre une tentative d’usurpation d’identité numérique après le transfert du nom de domaine litigieux <champagne-mailly.co> dans le cadre de la décision UDRP DCO2026-0036. Cette affaire illustre une nouvelle fois le danger des noms de domaine très proches de ceux utilisés par une entreprise légitime pour mener des campagnes d’hameçonnage.

La procédure a été engagée par la Société de Producteurs de Mailly Champagne, représentée par le cabinet CASALONGA (déjà vainqueur dans des UDRP pour A.P.C. ou Formula Baby), devant le Centre d’arbitrage et de médiation de l’OMPI. Le collège administratif a ordonné le transfert du nom de domaine litigieux au profit du requérant après avoir retenu les trois critères de la procédure UDRP.

Champagne Mailly victime d’une usurpation d’identité par courrier électronique

La Société de Producteurs de Mailly Champagne constitue l’un des vignobles emblématiques de la Champagne. Fondée en 1929, elle commercialise ses cuvées sous la marque MAILLY et CHAMPAGNE MAILLY.

Sa présence numérique est ancienne et parfaitement établie. Elle exploite son site officiel www.champagne-mailly.com depuis plus de vingt-cinq ans. Celui-ci présente l’histoire de la maison ainsi que l’ensemble de ses cuvées. Elle possède également le nom de domaine champagne-mailly.fr depuis 2003 et exploite sa boutique en ligne sur www.boutique.champagnemailly.com.

La société bénéficie aussi d’une forte présence sur les réseaux sociaux, notamment grâce au compte Instagram @champagne_mailly et à la page LinkedIn Champagne Mailly Grand Cru.

Sur le plan des droits, elle dispose notamment de la marque française MAILLY n°1455010, enregistrée le 19 août 1988, ainsi que de la marque chinoise n°9798728, enregistrée le 28 septembre 2012.

Malgré ces droits anciens, un tiers enregistre le 24 novembre 2025 le nom de domaine <champagne-mailly.co>.

Le nom de domaine ne diffuse aucun site web actif. En revanche, les enregistrements MX sont actifs. Ce détail technique revêt une importance particulière. En effet, il permet l’utilisation du nom de domaine pour envoyer des courriers électroniques.

C’est précisément ce qui s’est produit.

Le défendeur utilise le nom de domaine pour adresser des courriels d’hameçonnage. Les messages reproduisent exactement la signature électronique ainsi que le logo officiel de Champagne Mailly. Leur objectif consiste à convaincre les clients et partenaires commerciaux d’ouvrir des pièces jointes malveillantes en leur faisant croire que les messages proviennent de la société.

Cette technique figure parmi les scénarios les plus fréquents d’usurpation d’identité par courrier électronique. Vous pouvez retrouver d’autres exemples similaires dans notre rubrique consacrée aux affaires d’usurpation d’identité par mail.

Un faux .CO qui ressemble dangereusement au .COM officiel

L’un des éléments les plus intéressants de cette décision concerne le choix de l’extension.

Le nom de domaine officiel de la société est <champagne-mailly.com>. Le fraudeur enregistre quant à lui <champagne-mailly.co>.

La différence ne porte que sur une seule lettre. Pour un destinataire pressé, cette variation passe facilement inaperçue. Elle renforce donc la confusion et crée une fausse impression d’affiliation avec Champagne Mailly.

L’extension .CO est régulièrement présentée comme une alternative au .COM. Pourtant, cette proximité typographique constitue également un risque bien connu dans les campagnes de phishing. Les internautes lisent souvent très rapidement la fin d’un nom de domaine, ce qui facilite les erreurs d’identification.

Cette extension reste par ailleurs largement utilisée avec plus de trois millions de noms de domaine enregistrés, ce qui explique son attractivité pour les entreprises mais aussi pour certains fraudeurs.

Une identité masquée et des informations manifestement trompeuses

Le défendeur tente également de masquer son identité.

Dans un premier temps, il recourt à un service de confidentialité permettant de dissimuler les informations du titulaire.

Après la levée de cette protection par le bureau d’enregistrement, les informations communiquées apparaissent incohérentes.

Le nom, les coordonnées et les informations relatives à l’entreprise semblent correspondre à une véritable personne identifiée dans des sources publiques. En revanche, l’adresse postale ne correspond ni à l’adresse officielle de cette entreprise ni au lieu de résidence du véritable dirigeant concerné aux États-Unis. L’adresse indiquée demeure en outre incomplète et ne permet pas d’identifier un emplacement précis.

Pour la Commission administrative, ces éléments constituent un indice supplémentaire de mauvaise foi. Ils laissent supposer que le défendeur fournit volontairement des informations fausses ou trompeuses afin de masquer sa véritable identité, voire d’usurper celle d’un tiers.

Une décision UDRP logiquement favorable à Champagne Mailly

La Commission administrative constate que le nom de domaine litigieux reproduit intégralement la marque MAILLY ainsi que l’expression Champagne Mailly.

Elle relève également l’absence de droits ou d’intérêts légitimes du défendeur.

Enfin, elle retient plusieurs indices convergents de mauvaise foi :

  • l’utilisation du domaine dans une campagne de phishing ;
  • l’usurpation de l’identité de Champagne Mailly ;
  • la reproduction du logo et de la signature de la société ;
  • l’activation des serveurs de messagerie sans site web ;
  • le choix d’un .CO quasi identique au .COM officiel ;
  • les informations d’enregistrement incohérentes et vraisemblablement trompeuses.

Ces éléments conduisent naturellement au transfert du nom de domaine <champagne-mailly.co> au profit de la Société de Producteurs de Mailly Champagne.

Les domaines viticoles restent des cibles privilégiées

Cette affaire confirme que les maisons de Champagne et les domaines viticoles demeurent des cibles privilégiées des cybercriminels.

Ce n’est pas un cas isolé. Nous avions déjà présenté une affaire comparable concernant Château Lafite Rothschild, dont l’identité avait été usurpée au moyen du nom de domaine <lafite-fr.com> afin de diffuser de faux RIB.

Les campagnes d’hameçonnage exploitent désormais très fréquemment des noms de domaine presque identiques aux domaines officiels. L’activation d’enregistrements MX constitue souvent le premier signal technique d’une tentative d’usurpation d’identité.

Cette décision DCO2026-0036 rappelle ainsi l’importance d’une surveillance proactive des noms de domaine proches de sa marque, y compris dans des extensions alternatives comme le .CO, afin de détecter rapidement les enregistrements frauduleux avant qu’ils ne servent à compromettre des partenaires, des fournisseurs ou des clients.


À propos de Faux.fr par Solidnames

FAUX.FR est un vrai site d’informations de SOLIDNAMES, société spécialisée dans les noms de domaine internet.

FAUX.FR est un site web d’actualité traitant de faux sites web vendant de la contrefaçon et de faux mails utilisés pour du phishing.

 

SOLIDNAMES, Surveillance, Rachat et Achat Noms Domaine Internet

 

SOLIDNAMES propose des services de surveillance de marque, de rachat et de gestion de noms de domaine.

SOLIDNAMES est un bureau d’enregistrement accrédité par l’AFNIC pour l’achat de nom de domaine.

La société SOLIDNAMES a été créée par Anthony DON et Jean-François POUSSARD. L’entreprise évolue dans le coworking SOLIDPLACES à Bordeaux.

SOLIDNAMES et ses noms de prestations Brand Alert et SecURL sont des marques enregistrées, protégées et surveillées 😊.


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