Madewell fait fermer de fausses boutiques de vêtements
La marque américaine de vêtements Madewell obtient la fermeture de six faux sites hébergés sur des noms de domaine cybersquattés.
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Publié le lundi 03 août 2026 par Jean-François POUSSARD
Un faux site de Byredo en France se retrouve au centre d’une décision UDRP qui illustre l’essor des faux sites marchands exploitant la notoriété des grandes marques de cosmétiques. Dans la décision D2026-1997, le Centre d’arbitrage et de médiation de l’OMPI a ordonné le transfert de trente noms de domaine utilisés pour usurper l’identité de la marque suédoise BYREDO et vendre des produits présentés comme authentiques.
Fondée à Stockholm en 2006, Byredo AB est une marque européenne de luxe reconnue dans l’univers des parfums, des cosmétiques et du design. La société est notamment titulaire de la marque internationale BYREDO n° 966951, enregistrée depuis le 8 février 2008 pour des produits cosmétiques, des vêtements ainsi que des services liés à l’ameublement. Cette forte notoriété explique qu’elle fasse régulièrement l’objet de tentatives d’usurpation sur Internet.
L’affaire porte sur les noms de domaine suivants :
byredoaustraliastore.com, byredobelgie.com, byredocanadastore.com, byredochile.com, byredodanmark.com, byredodeutschland.com, byredoespana.com, byredofrance.com, byredoindia.com, byredoireland.com, byredoisrael.com, byredoitalia.com, byredomalaysia.com, byredomexico.com, byredonederland.com, byredonorge.com, byredonz.com, byredophilippines.com, byredoportugal.com, byredoromania.com, byredosaudiarabia.com, byredoschweiz.com, byredosingapore.com, byredosouthafrica.com, byredosverige.com, byredoturkiye.com, byredouae.com, byredoukstore.com, byredousa.com et byredowien.com.
La stratégie du défendeur ne laisse guère de doute. Chaque nom de domaine associe la marque BYREDO à un pays, une région ou une ville. Certains ajoutent également le terme « store » afin de renforcer l’illusion d’une boutique officielle. Le nom de domaine byredofrance.com cible directement le marché français et constitue un excellent exemple de cette méthode.
Les sites web associés reprennent l’identité visuelle du plaignant. Ils utilisent le logo BYREDO en en-tête, des textes, des photographies ainsi que des images provenant du site officiel. Les pages reproduisent également l’apparence générale et l’ergonomie du véritable site Internet de Byredo. Enfin, les pieds de page affichent la mention © Byredo, ce qui renforce encore davantage le risque de confusion pour les internautes.
Le Panel rappelle un principe constant de la jurisprudence UDRP.
L’ajout d’un terme géographique, comme « France », « Italia », « USA » ou « Deutschland », ne suffit pas à distinguer un nom de domaine de la marque qu’il reproduit intégralement. Il en va de même pour le terme descriptif « store », qui évoque simplement une boutique en ligne.
Le Panel estime donc que l’ajout des termes géographiques dans les noms de domaine contestés et/ou du mot « store » n’empêche pas de conclure à une similitude susceptible de créer une confusion entre chacun des noms de domaine litigieux et la marque BYREDO au sens de la Politique UDRP. Cette analyse concerne naturellement byredofrance.com, qui vise spécifiquement les consommateurs français.
Le Panel relève également que le défendeur ne dispose d’aucun droit ni intérêt légitime sur les noms de domaine.
Au contraire, tous les éléments du dossier démontrent une volonté d’usurper l’identité de Byredo. Les internautes peuvent raisonnablement croire qu’ils consultent un site officiel de la marque. Cette présentation est particulièrement dangereuse lorsqu’elle concerne des produits de luxe, souvent victimes de contrefaçon.
La reproduction du logo, des contenus éditoriaux, des visuels et de la présentation générale du site officiel ne laisse aucune place au hasard. L’objectif consiste à capter le trafic destiné à la marque afin de détourner les consommateurs et de profiter de sa réputation.
Le Panel retient également la mauvaise foi lors de l’enregistrement et de l’utilisation des trente noms de domaine. Il ordonne donc leur transfert au profit de Byredo AB conformément à la Politique UDRP.
Cette décision confirme une tendance observée depuis plusieurs années. Les marques de cosmétiques figurent parmi les principales victimes des fake shops. Les fraudeurs enregistrent des noms de domaine reproduisant une marque célèbre, auxquels ils ajoutent souvent un pays, une ville ou un terme commercial comme « store », « official », « outlet » ou « shop ».
L’objectif reste identique : inspirer confiance, améliorer le référencement local et convaincre les internautes qu’ils naviguent sur une boutique officielle.
Chez Faux.fr, nous documentons régulièrement ce phénomène dans notre rubrique consacrée aux cosmétiques, qui recense de nombreuses décisions UDRP impliquant des marques de parfums, de maquillage ou de soins. Cette multiplication des faux sites démontre que la surveillance des noms de domaine demeure un outil essentiel pour détecter rapidement les usurpations d’identité numérique et limiter la diffusion de boutiques frauduleuses.
La marque américaine de vêtements Madewell obtient la fermeture de six faux sites hébergés sur des noms de domaine cybersquattés.
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